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Par Claude-Marie Vadrot - 22 avril 2009

Un nouveau label bio inutile et dangereux

Pourquoi les acteurs du bio s’obstinent-ils à scier la branche fragile sur laquelle ils sont assis ?

Toujours plus de labels bio ! Et allez donc, plus on est de fous, plus on rit, c’est bien connu. Au début du mois d’avril, l’association « Alternative bio » a décidé de lancer un nouveau label privé. Comme si le label officiel « AB » et les labels Demeter, Biodynamique, Lemaire et autres Nature et Progrès ne suffisaient pas à transformer beaucoup de consommateurs en points d’interrogation. Cette initiative, quelles que soient ses bonnes intentions affichées « pour une agriculture biologique plus cohérente, dans un souci de pérennité des structures et de cohérence agronomique » (comprenne qui pourra...) illustre à mes yeux la consternante exception française à se laisser aller à la scissiparité. Celle des associations qui se subdivisent éternellement et régulièrement au gré des ego de leurs présidents et au gré de leurs désirs de mieux (parait-il) faire. Alors qu’il aura fallu une bonne quinzaine d’années aux consommateurs à se familiariser (et avoir confiance) dans un label officiel du à la lutte opiniâtre de militants comme Philippe Desbrosses, voici donc des gens qui prennent le risque de semer la confusion en annonçant la création d’une nouvelle « garantie ». Garantie privée : quelle illusion ! Sous le prétexte que le label officiel, français et européen, ne serait plus tout à fait assez contraignant. Au risque de ruiner une identification en passe de réussir. Erreur manifeste et tragique de communication. Pas parfait le label AB ?

Peut-être, sans doute en partie, sur certains points. Mais oeuvrer pour une agriculture bio qui piétine alors qu’elle se développe en Italie (voir notre numéro spécial paraissant cette semaine), se serait de continuer à se battre à l’intérieur de ce qui existe et non pas à déserter et à semer la confusion. Ce qui revient à faire douter les acheteurs, voire à les détourner. Quel manque de discernement. Un seul espoir que ces brebis égarées échouent et décident de retrouver un peu de bons sens, comme je l’ai expliqué à l’un de ses promoteurs, vigneron dans le Bordelais il y a quelques jours. Ce n’est pas en divisant des forces déjà bien faibles en France qu’ils parviendront à ce objectif qui nous est commun : faire décoller le recours au bio par des consommateurs qui, enfin disent les sondages, réussissent à identifier un label qui a au moins le mérite d’être clairement identifiés par 80 % des Français.

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Commentaires de forum
  • Dany 24 avril 2009 à 21:08

    Salut,

    Je profite de ce "répondre à cet article" pour faire une remarque sur le nouveau site : L’image (le "P" de Politis) dans la barre d’adresse a disparu. C’était bien pratique pour créer un raccourci sous ladite barre et accéder plus rapidement au site...

    Voilà, voilà...

    Merci, bon courage et bravo.

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  • Claude-Marie Vadrot 24 avril 2009 à 21:19

    Je vous remercie et transmets le message au gestionnaire de notre site

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  • Papy râleur 4 mai 2009 à 14:30

    Ah les labels "bio" ! À boire et à manger mais surtout à consommer ! Savez vous, braves consommateurs moyens (oui je sais c’est un pléonasme) que aucun label dit "bio" ne concerne la qualité d’un produit ! Ce la ne concerne que la façon de le fabriquer (produire), ce qui amène à ce paradoxe que de "bons" produits sont dégueulasses !

    Et les producteurs "sains et sensés" s’étonnent que leur label ne leur apporte pas de marge bénéficiaire supérieure, car c’est le but unique et avéré, produire une meilleure qualité pour vendre à un prix plus élevé. Malheureusement seul le gogo marche dans cette combine !!! La qualité n’étant pas au rendez vous l’acheteur boude. Il ne faut pas dire, comme les agriculteurs "bio" que le français n’a pas le sens de l’écologie, le français déteste les escrocs et le bio a une odeur qui y ressemble fort !!!

    Voulez vous des exemples ?

    J’ai, il y a de ça deux ans environ, acheté un agneau à un éleveur bio de mon voisinage. À la dégustation la viande s’avère immangeable. L’agriculteur étant un copain je lui en parle, pour lui faire savoir le fait, il me toise et me rétorque : "Je ne suis pas dans la bête et ne peux pas savoir le goût qu’elle a et cet agneau a été entièrement élevé selon les normes AB. Mais je savais qu’il ne serait pas bon !!!" Maintenant je prends mes agneaux chez un éleveur qui n’a pas de label mais dont les produits sont bons.

    Lorsque j’étais conseiller municipal, la mandature précédente, 1991-97, je faisais partie de la commission agricole à la communauté de communes du secteur. Notre rôle principal était de répartir les primes diverses aux agriculteurs. Nous avions attribué une somme rondelette à une agricultrice du village où je demeure pour transformer son exploitation pour pouvoir avoir le label AB. Tout marchait bien, elle avait obtenu le label mais, l’année dernière elle a renoncé au "bio" pour revenir au traditionnel. Je me demandes à quoi ont servi tous les millions de francs qui lui furent alloués ?

    Ces deux exemples se sont produits sur une même commune de, tenez vous bien, 52 habitants et 3 exploitations agricoles ! Pouvez vous concevoir un label "biologique" sans honnêteté ?

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  • Claude-Marie Vadrot 4 mai 2009 à 20:08

    Oui, il y a une majorité de gens honnêtes. Mais personne n’a jamais dit ou écrit que "faire bio" était une garantie de qualité organoleptique.
    Si le bio était une escroquerie comme vous semblez le dire, il n’existerait pas une telle demande et une demande en général satisfaite de ce qui est vendu. Notre demande française ne trouve de solutions que par l’importation de 40 à 70 % (selon les produits) de ce que nous consommons en France. Puisque nous en sommes à environ 12 000 exploitations agricoles certifiées contre 50 000 en Italie.
    Le bio, c’est à la fois, dans 95% des cas, une garantie pour le consommateur de ne pas ingérer des produits dangereux, une garantie pour l’agriculteur de ne pas s’empoisonner encore plus et un plus pour l’environnement.

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  • S Ripoll 10 mai 2009 à 10:09

    Bonjour,
    il me semble qu’avoir un label "privé" AB français plus exigeant n’empêchera pas le label AB européen d’exister. Et en tant que consommatrice attentionnée et agricultrice engagée, cela me rassure de pouvoir choisir des produits issus d’une agriculture biologique exigeante. Pour les consommateurs pas trop au courant, entre un label bio et un label bio, ils choisiront le moins cher comme ils le font très bien pour tous les autres produits... Pas de problème donc, selon moi, et je soutiens complètement la FNAB dans son initiative.

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  • Claude-Marie Vadrot 10 mai 2009 à 13:54

    Vous sous-estimez les dégâts de la confusion dans l’esprit du public. Et au delà de cette confusion qui illustre est une erreur de communication très française, il y a aussi le fait que les consommateurs font instinctivement plus confiance à un label public qu’à un label privé. Enfin, il est clair que votre réaction est celle des gens convaincus et militants. Or, l’expansion du bio ne peut que se faire au delà de ce cercle.

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