Rétablissement difficile

Un reportage sur Beyrouth aujourd’hui, entre mémoire et blessures.

Jean-Claude Renard  • 12 juillet 2007 abonné·es

Le 21 novembre 2006, Pierre Gemayel, ministre libanais de l’Industrie, mais surtout héritier d’une dynastie de phalangistes admirateurs de Mussolini, était abattu. Le meurtre ponctuait une série commencée deux ans auparavant. Pour certaines (mais pas toutes), les victimes ont été des leaders charismatiques militant pour un Liban laïque, moderne et affranchi de la tutelle syrienne.

L’été dernier, l’armée israélienne conduisait plusieurs offensives destructrices coûtant la vie à plus de 1 500 personnes. C’était le retour au cauchemar de la guerre qui creva le pays entre 1975 et 1990. Pour la population, moins d’un an après (le reportage a été tourné ce printemps), l’impression domine d’un éternel recommencement, comme si les souffrances n’avaient servi à rien.

Au pays des cèdres, il semble que chaque résurrection soit de courte durée. Pour rendre compte de la situation, Marine Jacquemin et Amal Hamelin des Essarts ont suivi May Chidiac, journaliste et présentatrice à LBC, la chaîne libanaise. En septembre 2005, après avoir clairement critiqué la Syrie, elle était victime d’un attentat. Elle est mutilée à vie, avec la partie gauche de son corps amputée. Revenue à l’antenne, elle est devenue le symbole de la liberté d’expression, et celui d’un pays partagé entre le pire et le meilleur.

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