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Sarkozy à Fessenheim : « On ne la fermera pas, cette centrale »

En déplacement préélectoral à Fessenheim, Nicolas Sarkozy a rappelé son soutien indéfectible à la filière nucléaire.

Illustration - Sarkozy à Fessenheim : « On ne la fermera pas, cette centrale »

En visite sur le site de Fessenheim ce jeudi 9 février, Nicolas Sarkozy a annoncé que l'exploitation de cette centrale nucléaire controversée serait poursuivie. La veille, le Conseil de la politique nucléaire avait décidé à l’Elysée que le programme nucléaire du pays ne serait pas modifié. Le « Conseil » comprend de nombreux ministres, l'administrateur général du Commissariat à l'énergie atomique et, on se demande bien pourquoi s’agissant du nucléaire civil, le chef d'état-major des armées et le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale. « Détail » cocasse, ce cénacle n’inclut même pas la ministre de l’Ecologie et évidemment aucun représentant de la société civile et des associations de protection de l’environnement...

Une fois de plus, une décision majeure concernant le nucléaire civil est prise sans aucune consultation de la population. Une habitude prise depuis le début des années 1970. Il n’est évidemment pas le moins du monde question d’un référendum. Après le numéro de communication du gouvernement sur les menaces de coupure de courant électrique portant, paraît-il, sur la Bretagne et le Sud-est de la France, le moment est particulièrement bien choisi pour faire apparaître le choix du nucléaire comme inéluctable. Alors que pendant cette période de grand froid, le nucléaire ne fournit que 64 % de l’électricité contre 15 % pour l’hydraulique, 9 % pour le gaz et le charbon. EDF importe actuellement au prix fort 3 % de son électricité alors qu’elle la brade chaque été sans faire le moindre bénéfice en direction des pays voisins de la France.

Extraits de l’argumentation de la présidence de la République

Le nucléaire est, avec l’hydroélectricité, la source d’électricité la plus compétitive. Le Gouvernement souligne que ces deux sources d’énergies non émettrices de CO 2 sont également disponibles à la demande. La réalisation d’un important programme d’investissement sur la période 2010-2025 destiné à prolonger la durée de vie des réacteurs et à en améliorer continûment la sûreté, ne remet pas en cause la compétitivité de l’énergie nucléaire (...)

*Le Conseil de politique nucléaire :

  • confirme que le processus permettant de préparer la validation d’une durée de fonctionnement des centrales au-delà de 40 ans doit être poursuivie

  • confirme la poursuite du projet d’EPR à Penly qui permettra, avec le développement de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, de disposer de marges de manœuvre pour préserver la capacité à prendre toute décision relative à la sûreté du parc tout en garantissant l’approvisionnement sûr en électricité de notre pays.Afin de compléter la programmation pluriannuelle des investissements de production électrique qui est effectuée actuellement à l’horizon de 10 ans, demande au ministre chargé de l’énergie d’élaborer la prochaine planification à l’horizon 2030. Ce nouvel horizon permettra d’illustrer explicitement les conséquences et les choix possibles dans l’hypothèse de prolongation au-delà de 40 ans.

Un plan d’action sur la sécurité des centrales nucléaires, en préparation depuis plusieurs mois, a été signé entre EDF et le ministère de l’intérieur le 6 janvier 2012. Par ailleurs, le Premier ministre a demandé le 16 décembre 2011, aux ministères concernés de mener un audit de sécurité sur les installations nucléaires ayant fait l’objet d’une évaluation complémentaire de sûreté en 2011. Cet audit est coordonné par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Il devra être achevé pour le 30 juin 2012. La très grande majorité des pays qui souhaitent s’appuyer sur l’énergie nucléaire ont confirmé ce choix.*

La politique de l'autruche

Chacun pourra apprécier à sa juste valeur la qualité de cette argumentation qui n’a pas changé depuis des décennies et qui ne tient pas le moindre compte des accidents de Three Miles Island (1978), de Tchernobyl (1986) et de Fukushima ni du récent rapport de la Cour des comptes sur le coût exorbitant du maintien du nucléaire en France.


Photo : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

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