Un rapport gênant

Enfin publié dans son intégralité sur Internet, le rapport Perruchot dévoile les dérives du financement des organisations patronales.

Thierry Brun  • 23 février 2012 abonné·es

On comprend mieux aujourd’hui pourquoi le rapport sur le financement des organisations patronales et syndicales du député centriste Nicolas Perruchot a été interdit de publication fin 2011. Une partie de ce document avait fuité dans le Figaro Magazine et provoqué une ­polémique, mais sur le seul financement des syndicats. Il manquait le contenu de l’enquête sur le financement des organisations patronales.

Publié récemment dans son intégralité sur Internet[^2], le rapport Perruchot a relevé de nombreuses dérives qui ont alimenté les caisses patronales, dont les ressources sont évaluées entre 500 millions et 1 milliard d’euros. Le cas « caricatural » de la puissante Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), affiliée au Medef, montre que les cotisations des adhérents ne représentent que 13,7 % de ses ressources, estimées à près de 60 millions d’euros en 2010. Le patronat de la métallurgie dispose notamment des revenus financiers issus de sa caisse « antigrève » , une « réserve » « de près de 505 millions d’euros » .

Les « dérives » peuvent « résulter de la participation des organisations patronales […] à la gestion des divers organismes paritaires de formation professionnelle » , pointe le rapport Perruchot. Il s’appuie, entre autres, sur un témoignage direct décrivant le détournement d’argent de la formation professionnelle par l’UIMM, que Politis avait publié en exclusivité[^3].

[^2]: Sur le site www.lepoint.fr.

[^3]: Lire « Mauvais fonds », Politis n° 1000, du 30 avril 2008.

Économie
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