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À Bercy, François Hollande se pose en archi-favori

Dimanche à Bercy, l'avant-dernier meeting de l'entre-deux tours de François Hollande sentait déjà le parfum de la victoire. Même si le candidat reste prudent. Reportage.

Il a pris son temps pour faire durer le plaisir . Une bonne demi-douzaine de minutes pour fendre la foule et monter à son pupitre, sur la scène de Bercy, au son des « François, président ! » . Et puis, une fois son discours terminé, une quinzaine de minutes pour un « rappel » inattendu et improvisé. Un épilogue où le favori des sondages a tenu à mettre en garde contre une « confiance excessive » , et rappeler l'échéance des législatives :  « Tenez bon, ne lâchez rien ! »  

Humour vache

Entre ces deux moments, une heure s'est écoulée. Une heure pour se féliciter du résultat du premier tour « qu'aucun candidat socialiste n'avait jusqu'à présent obtenu » , souligne François Hollande. Mais aussi pour attaquer « l'autre », celui dont jamais il ne prononce le nom mais à qui il adresse quelques traits d'humour vache ( « C'est la première fois qu'un président sortant n'est pas sorti en tête au premier tour, mais sortira sans doute au second tour ! » / « Changer c'est sa nature, ce sera aussi, bientôt, son résultat ! ») , et surtout de vives critiques. Sur sa manière de faire campagne comme sur le fond de son quinquennat. Accusant Sarkozy de « mensonges » , en référence à l'affaire des 700 mosquées et de Tariq Ramandan, Hollande le désigne clairement comme faisant partie de « ceux qui jouent avec le feu, qui mettent l'étranger au cœur de cette campagne, ceux qui mettent en cause les pauvres parce qu'ils seraient des assistés »

Illustration - À Bercy, François Hollande se pose en archi-favori Pour son avant-dernier meeting (le dernier sera organisé à Toulouse en fin de semaine), François Hollande semble n'avoir toujours pas réussi à s'émanciper de l'ombre de son adversaire. Et c’est en négatif qu’il brosse à grands traits sa vision de la France : une France « qui ne s'est pas construite sur la peur de l'autre » , une France du «  patriotisme que j'oppose au souverainisme et au nationalisme » . « Je veux que […] que nous soyons exemplaires. Que nous soyons tellement différent de celui qui nous fait face » , martèle-t-il. 

Mais qu'importe si l'élection est d'abord un plaidoyer anti-sarkozyste. Se posant en « héritier » du modèle social issu du Conseil national de la résistance, Hollande décline ses priorités s'il est élu, le 6 mai prochain : «  Les enjeux de l'élection, ce sont d'abord des enjeux économiques et sociaux. La première priorité, c'est l'emploi, la seconde la santé » . Mais aussi, l'éducation, « première priorité budgétaire » , le logement et la jeunesse. Ainsi que « la réforme de la finance, de la banque, de la fiscalité » .  

Pas question pour autant de promettre monts et merveilles : «  Il ne servirait à rien de promettre si c'était pour se renier ensuite » , déclare le candidat qui se présente en fer de lance d’un changement de mentalités dans une Union européenne qui semble tout à coup redécouvrir les vertus de la croissance après n'avoir juré que par la rigueur... 

Illustration - À Bercy, François Hollande se pose en archi-favori

Remerciant « les écologistes et Jean-Luc Mélenchon » , saluant avec gourmandise ceux qui, dans le propre camp de Sarkozy « n'en pensent pas moins » , Hollande, homme de synthèse, souhaite parler à « tous les électeurs »« Oui, je veux reconquérir les hommes et les femmes en colère et qui parfois s'abandonnent, 100 fois oui, explique-t-il en direction des électeurs du Front national. Mais promettre pour se compromettre, 1 000 fois non ! » Le centre de François Bayrou n’est pas oublié : « La gauche a toujours été capable de redresser les comptes de la nation » , rassure Hollande à l'attention de ceux qui l'accusent de présenter un programme trop dépensier. Un discours pour dessiner les contours d'une présidence que le candidat veut à l'image de sa campagne : « volontaire » , « digne » , « fraternelle » et « rassembleuse »

« Happy end »

Quelques instants plus tôt, en « première partie », les quelques 20 000 personnes rassemblées dans le Palais omnisport criaient déjà à l'unisson « on va gagner ! » , démarrant une « Ola » censée figurer cette fameuse « vague » que Nicolas Sarkozy dit sentir monter... sans jamais voir venir. 

Dans les gradins, la famille socialiste s’est efforcée de se montrer unie : Lionel Jospin avait pris place aux côtés de Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Jack Lang, Ségolène Royal, ou Benoît Hamon... On applaudit Jean-Marc Ayrault, que la rumeur donne comme un possible successeur de François Fillon. Et les figures d’Europe écologie-Les Verts : Eva Joly, Cécile Duflot, Jean-Vincent Placé, venus avec Dominique Voynet et Denis Baupin. Mais aussi des représentants de « l'ouverture », tels Robert Hue, Corinne Lepage ou Jean-Jacques Aillagon.  

Sur la scène aussi le beau monde a défilé : claire allusion au président sortant, les deux rappeurs des Nèg marrons ont entonné leur tube « Le bilan »,   Sanseverino, en  « Johnny Cash » anti-sarkozyste, s'est lancé dans une version rock-énervée de : « Comment devenir fin sans devenir fou » -  clin d'œil au régime de François Hollande ? -, et  Yaël Naïm a poussé fort joliment ses chansonnettes, dont celle  finissant par « This is a happy end »
Illustration - À Bercy, François Hollande se pose en archi-favori

Najat Vallaud-Belkacem et Aurélie Filipetti, dynamiques chauffeuses de salle, ont fait applaudir « Hollande » et huer « Sarkozy » : « Allez voir vos amis, vos voisins, et dites-leur que le changement, c'est Hollande. On a besoin que vous alliez faire du porte à porte pour atteindre les 5 millions de portes frappées » [dans le cadre de l'opération « porte-à-porte », 4 millions de personnes ont été approchées, NDLR]. 

En aparté, Bernard Cazeneuve, député-maire de Cherbourg et l'un des quatre porte-parole du candidat socialiste, se dit confiant : « Cette campagne ne nous plaît pas car elle a été très abimée par une droite aux abois, mais il y a une dynamique de tous les républicains, tous ceux qui ne peuvent plus supporter le discours de Nicolas Sarkozy » . A défaut, peut-être, d'une véritable adhésion pour François Hollande...


Photos : Michel Soudais

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