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Au salon de l’armement, pour un traité sur les ventes d’armes

Amnesty international, Oxfam et le CCFD-Terre solidaire tenait lundi un piquet devant le salon d’armement Eurosatory, pour demander un traité « contraignant » sur les ventes d’armes mondiales. Des négociations s’ouvrent à l’ONU en juillet.

À quelques hectomètres des entrées bien gardées d’un des plus grands salons de vente d’armes au monde, une poignée de militants tente d’éviter les gouttes. Lundi 11 juin, Amnesty International, le CCFD-Terre Solidaire et Oxfam ont joué les trouble-fête devant la porte du Palais des expositions de Villepinte, en région parisienne, où se tient  le salon Eurosatory jusqu’au 15 juin.

Il s’agissait de faire monter la pression avant l’ouverture des négociations à l’ONU pour l’adoption d’un traité international sur le commerce des armes. Du 2 au 27 juillet, les diplomates des Nations unies doivent plancher sur une revendication importante des militants : un cadre juridique. « En principe, on ne peut pas dire qu’il y ait un État au monde qui soit contre un traité, le tout est de savoir ce qu’on mettra dedans » , explique Nicolas Vercken, chargé de plaidoyer à Oxfam, un groupement d’ONG, qui tient la permanence pour répondre aux journalistes. Les organisations défendent un traité contraignant, transposé dans les lois nationales de chacun des pays signataires, qui interdise toute vente d’armes, munitions comprises, à des pays où il existe un risque d’enfreinte aux droits humains ou de troubles sociaux importants. « Lorsqu’un pays consacre une part trop importante de son PIB aux achats d’armes, il devrait, par exemple, exister des restrictions », précise Nicolas Vercken.

Repoussée poliment jusqu’à l’entrée de la gare RER toute proche, la poignée de militants s’indigne : « Nous venons depuis des années [au salon Eurosatory] , c’est la 1re fois qu’on nous refuse l’entrée » , peste Nicolas Vercken. Ils jubilent pourtant, lorsqu’un policier dans ses petits souliers, appuyé par deux agents de sécurité, tente d’empêcher les journalistes d’immortaliser la mini-manifestation. Image réussie.

Des militantes d'Amnesty international, Oxfam et le CCFD-Terre solidaire posent pour la presse à quelques mètres de l'entrée du salon, malgré le refus des forces de l'ordre :

Vide juridique

Dans les salons feutrés du Palais des expositions, des hommes en uniforme de toutes les armées du monde côtoient des négociants en costume. Parmi les dizaines de nationalités représentées, les PME françaises exposent leurs technologies de pointe à quelques allées des blindés colossaux et des étales de fusils automatiques des constructeurs russes, impliqués pour certains dans des ventes d’armes à la Syrie.

L’industrie n’est pas officiellement rétive aux travaux pour un traité international sur les ventes d’armes. Des réglementations nationales ou régionales existent d’ailleurs déjà. En France, la loi encadre étroitement les ventes d’armes. « Les fabricants demandent deux fois l’autorisation au ministère de la Défense, avant et après les négociations , raconte Nicolas Vercken . Mais ce n’est pas suffisant en matière de transparence. »

La France vend des technologies à Israël qui les emploie dans ses drones sur la bande de Gaza, dénonce notamment le militant. « Le problème se pose également, en des termes différents, lorsqu’on vend des hélicoptères à la Grèce, qui est le 3e importateur mondial d’armes derrière la Chine et la Russie, estime aussi Nicolas Vercken (source 2006) . Nous savons que c’est lié à la corruption, car avec les rétrocommissions juteuses, le commerce des armes est celui qui génère le plus de corruption ».

Un traité international, inscrit dans les lois des pays signataires, pourrait donc faire avancer la responsabilisation des vendeurs. Car le commerce des armes, résume Zobel Behalal, chargé de plaidoyer au CCFD-Terre solidaire, « ce n’est pas un commerce comme les autres » .

À l'intérieur du salon, dont l'entrée est réservée aux professionnels et à la presse, les entreprises d'armement exposent leur marchandise :


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