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Peut-on rompre avec la technocratie dans les quartiers?

Un rapport indépendant sur la citoyenneté dans les quartiers populaires a été accueilli avec les louanges du ministre. Pour les actes, il faudra attendre.

Trente ans après l’invention de la « politique de la ville » , censée faire plus dans les quartiers qui ont moins, voici réactivée la question de l’implication des citoyens. Ce « levier du changement », bloqué au point mort, est devenu un véritable serpent de mer au rythme des « refontes » successives de la politique de la ville.

La nouveauté vient cette fois d’un duo original missionné en décembre pour un rapport sur la participation des habitants : le militant Mohamed Mechmache, cofondateur de l’association ACLeFeu, et la sociologue Marie-Hélène Bacqué. Ils présentaient lundi matin 30 propositions, résultat de six mois de consultation sur le terrain. Les idées qu’ils font remonter abondent contre une gestion technocratique de la politique de la ville.

Une réforme « radicale »

La prise en compte des habitants des quartiers nécessite selon les deux rapporteurs une réforme « radicale » du mille-feuille administratif qu’est devenue la « politique de la Ville ». « Les initiatives locales sont diluées sous les strates de l’administration. À part les rénovations urbaines, rien ne survit dans un tel système. Il y a pourtant des potentialités énormes dans les quartiers   » , ** raconte Mohamed Dahmani, qui participé aux travaux de la mission au nom du centre social Rouguière, dans le 11e arrondissement de Marseille, où il mène des actions culturelles.

Mohamed Mechmache, François Lamy et Marie-Hélène Bacqué - E. Manac'hMohamed Mechmache et Marie-Hélène Bacqué préconisent donc d’institutionnaliser une présence citoyenne dans la gestion des services publics. Ils prêchent aussi pour une révision des modes de financement de la vie associative, pour rendre possible l’« autonomie » et rompre avec le clientélisme.

En guise de première réponse, le ministre délégué à la Ville a annoncé l’expérimentation de la proposition des « tables de quartier » défendue dans le rapport. Cette structure réunirait des acteurs associatifs locaux chargés de travailler sur des projets à l’échelle du quartier, avec une autonomie financière. « Cela permet d’éviter le clientélisme et de renouveler les acteurs, avec des mandats de deux ans renouvelables pour 1 an », raconte Mohamed Mechmache, citant une expérience menée au Canada.

Composer avec les nombreux partenaires

Concrètement, les deux rapporteurs préconisent aussi la création d’une plateforme associative indépendante chargée de distribuer les fonds publics, animée par des habitants « experts » . Ils défendent la mise en place d’une fondation régionale pour mobiliser les financements privés et publics pour des projets de quartier ; l’ouverture de l’école aux parents ; un droit de regard sur les projets de rénovations urbaines ; un dialogue accru avec la police ; le recrutement des chargés de mission politique de la ville parmi les habitants, si besoin en binôme avec des techniciens.

« Cela suppose une véritable révolution culturelle» , répond d’entrée le ministre délégué à la Ville, enthousiaste devant le «travail» réalisé par cette mission. Le 2 août, François Lamy présentera sa réforme de la politique de la ville en Conseil des ministres. Des amendements pourront venir la compléter avec les propositions publiées ce lundi. «Il faudra agir dans la durée parce qu’on ne change pas des habitudes du jour au lendemain. Cela demandera un peu de temps, mais il ne faut pas perdre l’objectif en route» , prévient-il pour ne pas bercer d'illusions.

Le ministre délégué promet de faire de son mieux avec les « nombreux partenaires » de la politique de la ville : porter des exigences dans la relance du plan national de rénovation urbaine (que l’État ne finance qu’à un tiers), lancer une « expertise » sur l’idée d’une fondation régionale pour les financements privés et publics, etc. Il annonce enfin la pérennisation de la « conférence sociale » mise en place à l’occasion de cette mission.

Le rendez-vous a été fixé en septembre pour un premier bilan de l'expérimentation, que le ministère veut lancer dans les prochaines semaines dans les 12 villes pilotes des nouveaux « contrats de ville ». Pour le militant associatif que Mohamed Mechmache est désormais redevenu, « un plan B » est déjà prêt, pour tenter de peser si besoin sur le pouvoir socialiste. « Il y a trente ans, la gauche avait manqué son rendez-vous avec les quartiers populaires, rappelle-t-il. Elle ne doit pas le rater une nouvelle fois » .

Les militants d'ACLeFeu, lundi au ministère de l'Égalité des territoires. - E. Manac'h


Photo : FRED DUFOUR / AFP

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