Objectif : 800 nouveaux abonnés !

L’assemblée annuelle de l’association Pour Politis, réunie le 8 février, a donné le coup d’envoi d’une campagne décisive d’abonnements pour pérenniser notre journal.

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A Politis , on essaie de tirer les leçons de l’histoire. Notamment, la nôtre. Et nous avons au moins appris ceci : nous devons compter d’abord sur nous-mêmes. « Nous », notre équipe, et « vous », nos lecteurs. Et, en premier lieu, ceux d’entre vous qui ont choisi d’adhérer à Pour Politis, la bien nommée. Forts de cette expérience, nous attendons chaque année avec impatience l’assemblée de notre association qui, rappelons-le, est l’actionnaire principal de Politis (à 65 %) et, pour nous, un gage d’indépendance et de démocratie interne qui nous situe pleinement dans l’économie sociale. Ce rendez-vous est toujours l’occasion de juger du moral des troupes, et d’un riche échange sur la situation du journal, son contenu, sa stratégie, son avenir. Mais il y a de bons crus et de moins bons.

Or, de l’avis de tous, le cru 2014 a été excellent. Le meilleur peut-être depuis que la nouvelle équipe a repris le journal, en 2006. À quoi ça tient ? Tout d’abord au travail des responsables de l’association, sous la houlette de Jean-Claude Blondeau, et au dévouement de la coordinatrice, Fatiha Benrezzak : 77 manifestations couvertes en 2013, un solde positif et une organisation très sérieuse. La réussite de cette journée tient ensuite à votre mobilisation à vous, lecteurs : les présents (près de 70 dans la petite salle des Métallos) et ceux qui n’avaient pas pu venir (120 pouvoirs), plus des contributions écrites pour alimenter notre réflexion. C’est d’ailleurs en donnant lecture des courriers de ces « absents actifs » et en nous efforçant d’y répondre, que nous avons ouvert le débat de l’après-midi 1. C’est d’abord ça, un bon cru. Une salle pleine et un courrier abondant. Ce sont ensuite des idées pour faire progresser notre journal. Un vrai débat s’est par exemple instauré sur la relation entre le numérique et le papier. « Deux moyens d’expression complémentaires, comme l’a rappelé Christophe Kantcheff, même si le papier reste prioritaire, ne serait-ce que parce qu’il est notre source principale de revenus, mais aussi parce qu’on y est très attachés. » Chacun a convenu que des efforts doivent être poursuivis pour développer le site. Le rajeunissement du lectorat passe par-là. Cela, sans céder à la course aux « clics » et en étant capables d’une critique politique des risques de dérive, comme l’a souligné un lecteur. Un autre a observé que « le même problème s’est posé dans la photo, mais que le numérique n’a pas tué l’argentique et qu’il y a donc un équilibre à trouver ».

Pascale Bonnardel a aussi répondu à des questions sur la maquette et l’iconographie et, plus généralement, sur le « rythme » du journal. Un débat plus classique s’est instauré entre lecteurs qui se plaignent d’un « manque d’informations sur le Front de gauche » (merci Aurel…) et d’autres qui, au contraire, reprochent à Politis d’être « trop politicien ». Certains ont regretté que nous n’ouvrions pas davantage de débats de fond, à l’instar de revues comme Vacarme ou Lignes. Olivier Doubre, responsable des pages « Idées », a rappelé que «  Politis n’est pas une revue ». Nous sommes cependant convaincus que « la résistance » à la politique libérale, aussi nécessaire soit-elle, n’est pas suffisante, et qu’il faut développer des thèmes sur un « changement de logiciel » : décroissance, relation au travail, productivisme, etc. Bernard Langlois a suggéré que les débats lancés sur le papier soient approfondis sur le site, comme nous l’avons fait autour de la question des finances locales.

Des critiques ont été émises sur l’insuffisance de notre couverture des DOM-TOM et de la décolonisation. Une lectrice a noté que l’on est aujourd’hui saturé d’actualité. Elle a dit attendre des débats autour des cultures alternatives et de l’économie sociale et solidaire. Thierry Brun a souligné qu’un hors-série est chaque année entièrement consacré à ces sujets. Un lecteur a regretté que l’on « vende mal » nos informations inédites, insuffisamment mises en valeur. Quelqu’un a déploré que l’on ne traite pas le sport, pourtant fait majeur de société. Une lectrice nous a trouvés « trop parisiens » … Bien d’autres choses encore ont été dites. Les adhérents de Pour Politis recevront un compte rendu plus détaillé dans les prochains jours. Mais, s’il fallait dégager un trait dominant, ce serait peut-être cette demande de réflexion sur les sujets de fond. Signe des temps sans doute. Enfin, plusieurs lecteurs se sont proposés pour nous aider directement en nous apportant leur compétence. Ils sont les bienvenus. Nous avons ensuite évoqué la situation économique du journal. Pas encore dramatique, mais tout de même préoccupante. En 2013, la crise du papier et de la distribution qui frappe tout le monde (voir Libé ) ne nous a pas épargnés. La perte de 99 000 euros est presque entièrement imputable à la vente au numéro, alors que les abonnements se maintiennent et que les abonnements Web, encore marginaux, progressent doucement.

La conclusion s’impose. Pour sauver et pérenniser Politis, une seule solution : l’abonnement. Et principalement par prélèvement automatique (PA). Il nous faut huit cents abonnements supplémentaires en PA d’ici à la fin 2014. Un objectif parfaitement réalisable avec cette force de frappe que constitue l’association. Pour marquer le coup d’envoi de notre campagne, nous avons proposé au vote une brève motion qui a été adoptée à l’unanimité (voir ci-dessous). Par ailleurs, nous avons insisté sur la possibilité de nous aider via l’association Presse et Pluralisme, comme cela se fait déjà avec un certain bonheur depuis quelques mois.


  1. La matinée avait été consacrée au compte rendu d’activité de l’association et au vote du quitus accordé, évidemment, sans l’ombre d’une hésitation au président et au trésorier. 


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