La Ve République : Une monarchie républicaine

La concentration des pouvoirs entre les mains du seul Président sous la Ve République a profondément perverti notre régime démocratique.

Olivier Doubre  • 11 septembre 2014 abonné·es
La Ve République : Une monarchie républicaine
© Photo : JOEL SAGET / AFP

En 1995, au moment de quitter un palais de l’Élysée qu’il aura occupé plus qu’aucun autre de ses locataires, François Mitterrand aurait prononcé cette petite phrase sur la Ve République : « Ces institutions étaient dangereuses avant moi, elles le resteront après. » On peut bien sûr sourire de cet instant de lucidité – ou de cynisme – de la part de l’auteur du Coup d’État permanent  [^2] à propos de ces institutions qui ont semblé lui aller comme un gant. Mais la formule sonnait d’une certaine façon comme une mise en garde, même si le président socialiste reconnaissait n’avoir pu (ou voulu ?) modifier les fondements d’un régime dont il avait pointé, dès le début des années 1960, les travers. Faiblesse extrême du Parlement, marginalisation du gouvernement par rapport à l’Élysée, François Mitterrand fustigeait surtout une « trahison » du général de Gaulle par rapport à la lettre du texte

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Politique
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