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Violente évacuation de la jungle de Calais

Comme promis, l'État a entrepris ce lundi le démantèlement d’une partie du camp de Calais, sous les yeux accablés des migrants et des associations. Mais contrairement à ce qui avait été annoncé, l'usage de la force a bien été utilisé...

« Les forces de l'ordre sont arrivées ce matin et ont encerclé le camp »_, raconte Virginie Tiberghien, membre du collectif de l’École du Chemin des Dunes. Quelques jours après l’autorisation du démantèlement de la zone sud du camp de Calais, plus d’une centaine de CRS, accompagnés d’une vingtaine de salariés d’une entreprise de travaux publics mandatée par l’État, ont été chargés de démonter les cabanes et autres abris de fortunes construits par ou pour les migrants.

Choqués, beaucoup d'entre-eux ne savent pas où dormir la nuit prochaine. Les associations de soutien aux réfugiés, elles aussi, sont atterrées et soulignent la violence de l'évacuation. Selon Maya Konforti, porte-parole de l'Auberge des migrants, la police, « est arrivée en tenue de guerre », munie de boucliers et de masques à gaz :

« Au début, cela s'est passé relativement calmement. Les CRS ont demandé aux réfugiés de quitter leurs abris dans l'heure. Puis cela a dégénéré. Certains policiers ont commencé à tirer des réfugiés hors de leurs abris. Un premier incendie dans une cabane, apparemment provoqué par une bombe lacrymogène, a participé à l'escalade de la violence : les policiers ont utilisé des gaz lacrymo et leurs canons à eaux. De jeunes migrants ont répondu par des jets de pierre. »_

Malgré la décision du tribunal administratif de Lille, annoncée jeudi, l'évacuation n'était pas attendue avant au moins trois semaines, explique Virginie Tiberghien : « Non seulement nous n'avons pas été prévenus, mais nous ne savons pas où vont les migrants à qui l'ont proposé de prendre des cars. » Si le gouvernement a assuré que les réfugiés évacués seraient tous relogés, les associations contestent et dénoncent une action qui risque de précariser davantage les migrants. Parmi les quelques 3.500 personnes concernées, dont environ 300 mineurs isolés, « certaines accepteront de se rendre les centres d’accueils », avance Maya Konforti, « mais la grande majorité des gens qui sont ici veulent aller en Angleterre. »

Pour l'heure, les maraudes sociales de la préfecture tentent de convaincre les migrants de se rendre dans l'un des 102 centres d'accueil et d'orientation disséminés en France (CAO) ou de rejoindre le Centre d'accueil provisoire (CAP), composé de containers chauffés. Ouvert en janvier et financé par l'État, ce centre abrite 125 containers dont l'accès est contrôlé par un lecteur biométrique de la main et surveillé par des caméras. Les associations redoutent désormais que les réfugiés s'isolent. Selon la représentante de l'Auberge des migrants, « il est à craindre que les personnes évacuées s'éparpillent. Certaines iront dans les centres, mais les autres... Ce matin, un groupe de Kurdes s'est vu proposer d'aller au camp de containers mais, après concertation, ils ont décidé de partir à travers les bois pour trouver un autre endroit où passer la nuit... »

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait prédit un « démantèlement humanitaire », prétextant que « l'État n'a jamais déployé autant d'efforts humanitaires pour améliorer la situation à Calais ». Pour l'heure, les témoignages ne concordent pas...


Photo : © Myr Muratet

Containers le long de la N216 qui longe le camp de réfugiés « la jungle » vers l'accès au port.

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