Une situation effrayante à Calais

L’association britannique Refugee Rights Data Project dévoile une enquête sur la condition des réfugiés six mois après le démantèlement de la « jungle » de Calais. Un communiqué alarmant destiné à réveiller les consciences.

Donia Ismail  • 4 mai 2017
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Une situation effrayante à Calais
© photo : PHILIPPE HUGUEN / AFP

D onner un aperçu des conditions auxquelles sont confrontés les réfugiés et les personnes déplacées en Europe », voilà le but de l’association britannique. Cette enquête réalisée début avril 2017 auprès d’adultes et de mineurs (43 % des 200 présents sur place) lance un pavé dans la mare. Leur conclusion ? Une situation alarmante sur l’ensemble de la région qui mériterait l’attention conjointe de la France et du Royaume-Uni.

Violences physiques, insultes, xénophobie, mépris… Voilà le quotidien des mineurs isolés interrogés par l’association. Les violences policières restent l’un des éléments les plus répertoriés puisque 79,01 % d’entre eux se plaignent d’avoir reçu des gaz lacrymogènes dont 20 % quotidiennement. Un sentiment de peur ressort fortement : 55,13 % sont effrayés face à ces contrôles de police qui sont majoritairement d’une violence inouïe : « J’étais sur la route un soir. Il y avait pas mal de policiers et ils nous ont insultés, frappés avec leurs matraques et aspergés de gaz lacrymogènes », souligne un Soudanais de 16 ans.

Pratiques inhumaines

Des pratiques inhumaines qui ont de réelles conséquences sur la santé de ces mineurs : 63,1 % d’entre eux disent avoir eu des problèmes de santé en France. Seule la moitié a pu bénéficier d’une aide médicale. Autre fléau souligné par ce rapport : une large partie, 18,9 %, souffre de troubles mentaux.

Ces réfugiés sont également les cibles de citoyens français décrits comme « fascistes » par les migrants eux-mêmes : 56 % des mineurs avouent avoir été victimes de violences verbales voire physiques au cours des six derniers mois. Une sorte de chasse à l’homme, selon les jeunes :

Ils essaient constamment de me renverser avec leur voiture. Ils me font des doigts d’honneur.

Une agressivité révélatrice d’une xénophobie et d’un racisme profonds.

Si cette enquête souligne l’humiliation quotidienne et brutale de ces jeunes, elle met en lumière la médiocrité des politiques de protection de l’État français, mais aussi de son voisin britannique. Le Royaume-Uni a annoncé en février dernier limiter le quota d’accueil à 350 mineurs au lieu des 3 000 prévus par l’amendement Dubs, adopté il y a un an.

À lire aussi >> L’intégralité du rapport de Refugee Rights Data Project

Société
Temps de lecture : 2 minutes
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