La Russie va lancer sa première centrale nucléaire flottante

Cette installation atomique mobile inquiète les écologistes, tant sa résistance aux aléas maritimes est sujet à caution.

Claude-Marie Vadrot  • 6 septembre 2018
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La Russie va lancer sa première centrale nucléaire flottante
© photo : PAVEL LVOV / SPUTNIK

Le pouvoir russe est en train d’achever la construction et la mise au point d’un équipement révolutionnaire : la première centrale atomique flottante, équipée de deux petits réacteurs du type utilisé pour la propulsion des sous-marins nucléaires russes. L’engin, destiné à fournir du courant électrique là ou cela sera à la fois nécessaire et rentable, se nomme Academik Lomonosov, fait 144 mètres de long et 30 de large et pèse 21000 tonnes. Il a été conçu par l’entreprise Rosatom, qui exporte depuis des années ses techniques nucléaires, notamment en Inde et en Chine.

Petite ville flottante

La Russie fera remorquer cette installation sans moteur là où cela sera nécessaire. Cette petite ville flottante sera conduite par 300 « marins ». D’une capacité de 70 mégawatts, elle couvrira la consommation de 200 000 personnes ou de plateformes pétrolières. Ils organiseront aussi la vie quotidienne et assureront la sécurité du personnel, qui sera relayé tous les quatre mois. Tous bénéficieront même à bord d’une piscine chauffée agrémentée de scènes tropicales et de palmiers…

Les ingénieurs qui ont conçu ce projet affirment que même lors du remorquage, l’installation – d’un poids de 22 000 tonnes – pourra supporter sans risque des aléas maritimes et météorologiques. C’est probablement à tout hasard que les concepteurs ont prévu des canots de sauvetage. Mais les rares écologistes russes qui ont osé dénoncer les dangers de ce projet sont très inquiets et ils ont, entre autres, souligné que les effluents radioactifs seront inévitables et qu’en cas de catastrophe liée à l’état de la mer, les deux réacteurs seraient privés du courant électrique nécessaire à leur refroidissement et donc voués à la fusion ou à l’explosion. Comme lors de l’accident de Fukushima.

Nombreux pays demandeurs

Cette première centrale flottante devrait être mise prochainement à l’essai dans une ville côtière sibérienne, Pevek, à  500 kilomètres de l’Alaska (États-Unis). Mais comme il s’agit d’une série qui devrait comporter une quinzaine d’installations autonomes en combustible pour une douzaine d’années, des pays étrangers se sont portés candidats, notamment le Soudan, les îles Maldives et le Japon. Pour trouver des clients auxquels il vendra soit l’installation clés en main soit le courant produit, Rosatom a mis en avant un plus faible coût de l’électricité, la rapidité d’installation et l’absence de danger. Un dernier argument qui laisse sceptiques de nombreux spécialistes, sur une planète vouée à des tempêtes de plus en plus fortes.

Comme les Chinois ne laissent jamais passer les « bonnes » idées, ils viennent de lancer une série de douze centrales flottante et les Français à une centrale immergée au fond de la mer….

Écologie Monde
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