À Calais, la guerre d’usure

Trois ans après le démantèlement de la « jungle », les forces de l’ordre harcèlent les quelque cinq cents candidats au passage vers le Royaume-Uni qui sont encore présents.

Victor Le Boisselier  • 20 novembre 2019 abonné·es
À Calais, la guerre d’usure
© Près de l’hôpital, à Calais, des migrants discutent devant leurs tentes, le 15 novembre.FRANCOIS LO PRESTI/AFP

Un mur de trois mètres de haut surmonté de barbelés. Un camion de CRS garé juste à côté. Ce pourrait être un terrain militaire. Ou une prison. Seule l’enseigne Total trahit cette station-service calaisienne cachée au milieu des cloisons grises. Depuis janvier, la préfecture du Pas-de-Calais a convaincu l’enseigne d’emmurer sa station Marcel-Doret, où certains migrants tentaient de monter dans les camions au moment du plein. Mais à proximité de la zone portuaire de Calais, plus rien n’étonne. Le long de l’autoroute qui la relie au tunnel sous la Manche, les murs succèdent aux grillages installés au bord des routes, sur ou sous les ponts.

De sa guérite, Daniel est un témoin privilégié de l’évolution de la ville. L’agent de sécurité privée, installé en face des terminaux des ferrys, observe les camions de CRS défiler, croisant parfois ce qu’il devine être un groupe d’exilés : « Avant, on voyait tout le temps passer des migrants. Puis des barrières ont été installées, alors on ne les voit plus qu’à l’heure des repas ou la nuit. »

Depuis le démantèlement de la « jungle », il y a trois ans, le nombre de réfugiés à Calais est passé de 10 000 à environ 500. En majorité des hommes seuls venus

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Société
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