Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Hongkong : Pékin en profite pour réprimer encore plus

La pandémie de coronavirus a-t-elle facilité, en pratique, la chose ? Quatorze figures de l’opposition ont été arrêtées, le 18 avril, au cours d’une véritable rafle policière, à Hongkong. Toutes connues pour leur engagement tenace dans la mobilisation contre les tentatives de mise au pas autoritaire par Pékin du fragile « régime parlementaire » de l’ancienne colonie britannique. Rétrocédée en 1997, la « région administrative spéciale » exaspère le pouvoir de Xi Jinping. Relâchées sous caution, ces militant·es pro-démocratie sont patron de presse critique du pouvoir central chinois, défenseuse des droits LGBT, fondateurs de parti ou d’associations d’opposition, avocat·es, députés ou ex-député·es. Accusé·es d’avoir soutenu, organisé ou simplement participé, à des rassemblements « illégaux ». Depuis plus d’un an, plus de 7 000 personnes ont été interpellées dans ce mouvement…

Nice : Pas de quartier pour les plus précaires

Neuf quartiers défavorisés de Nice font l’objet d’un arrêté pris le 15 avril par le très sécuritaire maire de la ville, Christian Estrosi. Il vise à allonger le couvre-feu préfectoral, qui s’étend déjà de 22 heures à 5 heures, en le faisant débuter dès 20 heures dans les secteurs visés. L’édile justifie cette mesure par la multiplication de « doléances téléphoniques de nombreux administrés inquiets » observant des attroupements dans ces rues. Au lendemain d’une décision du Conseil d’État qui limite le pouvoir des maires dans la lutte contre le coronavirus, « sauf raisons impérieuses », la Ligue des droits de l’Homme a adressé un recours au tribunal administratif exigeant la « suspension immédiate » de cet arrêté.

L’association dénonce des arrêtés municipaux « très ciblés et discriminatoires », ainsi qu’une « manœuvre politicienne » pour stigmatiser les habitants. La LDH s’interroge également sur l’utilité de cette nouvelle restriction dans une ville qui compte 2 600 caméras de vidéosurveillance et la police municipale la plus nombreuse de France. Le délibéré du tribunal administratif doit être rendu ce jeudi 23 avril.

L’inspection du travail muselée

Un inspecteur du travail a été mis à pied à Reims, le 15 avril. Sa faute ? Avoir saisi le juge quant aux protections qu’il estimait insuffisantes, dans une entreprise d’aide à domicile. « Faute » impardonnable, pour son administration, qui multiplie les procédures pour empêcher les inspecteurs de faire obstacle à l’activité économique.

Singapour : Regain de contaminations

Jusque-là considéré comme exemplaire dans sa gestion de la crise, Singapour fait soudainement face à une deuxième vague de contamination. Le 20 avril, le pays faisait état de plus de 1 400 nouveaux cas, un record. Le nombre de contaminations a bondi après qu’une campagne de tests a été menée dans de grands dortoirs où résident 200 000 travailleurs et travailleuses immigré·es. Souvent insalubres, ces foyers ne permettent pas de distanciation sociale. Sur Facebook, le diplomate singapourien Tommy Koh a déploré la « façon honteuse » de traiter les personnes migrantes que révèle cet épisode. Pour freiner l’évolution de l’épidémie, la cité-État a décidé de fermer les lieux de travail et a relogé une partie de cette population dans des dortoirs moins denses.

Fichiers croisés

Après les scandales sexuels révélés dans le milieu du patinage, la ministre des Sports a annoncé que l’honorabilité des bénévoles engagés dans des associations sportives, soit deux millions de personnes, serait systématiquement contrôlée. En janvier 2021, leurs coordonnées devront être renseignées dans une base de données pour pouvoir être croisées avec le fichier recensant les auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.

Netanyahou avale Gantz

Ce qu’il n’avait pas réussi au terme de trois scrutins en un an et d’une débauche de surenchère raciste et ultranationaliste, Netanyahou l’a obtenu grâce au Covid : un gouvernement « d’urgence », incluant son ex-rival Benny Gantz, qui a avalé tous ses chapeaux. Le Premier ministre sortant le restera encore au moins 18 mois (avant de céder la place à Gantz), soit pendant la durée de son procès pour corruption. Il aurait carte blanche pour annexer la vallée du Jourdain, et plus question non plus d’amender la « loi État Nation », qui introduit un début d’apartheid envers les citoyens non-juifs d’Israël. « Le démantèlement des droits du peuple palestinien », a twitté le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh.

L’UE se vend au plus offrant

La Commission européenne a confié à BlackRock, le plus gros gestionnaire mondial d’actifs, la charge d’élaborer des propositions sur la manière d’intégrer les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans la supervision bancaire. L’appel d’offres a été régulier, se défend la Commission, qui ajoute que BlackRock a fait une offre à 280 000 euros au lieu de 550 000. De vrais philanthropes !

Ils ne l’emporteront pas au paradis

Le Danemark a décidé de conditionner ses aides économiques d’urgence à deux critères : les entreprises bénéficiaires ne devront pas distribuer de dividendes pendant deux ans et elles ne doivent pas être immatriculées dans un des paradis fiscaux de la liste européenne. Une première mondiale, dans la litanie des plans d’urgence déployés depuis le début de la crise.


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