Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Algérie : Tensions autour d’un film

Algérie mon amour, le documentaire de Mustapha Kessous diffusé sur France 5 le 26 mai et toujours visible en replay, rend le pouvoir algérien très nerveux : rappel de l’ambassadeur en France, interrogatoire par la police de plusieurs protagonistes du film… Le journaliste du Monde a touché une corde sensible par le portrait de cinq jeunes femmes et hommes qui racontent leur Hirak, leur dégoût du système politique verrouillé, leur volonté de se réapproprier leur pays. « Une attaque contre le peuple algérien et ses institutions », a fustigé le ministère algérien des Affaires étrangères.

Le pouvoir a semble-t-il aussi voulu surfer sur le flot de réactions passionnées qu’a déclenché le film sur les réseaux sociaux algériens, attaqué autant par des conservateurs que par des militants du Hirak qui ne se sont pas reconnus dans ce documentaire destiné à un public français, mais aussi défendu par d’autres qui louent le travail accompli pour faire connaître les aspirations de la population. Le régime reproche à Mustapha Kessous d’avoir filmé sans autorisation, bien que, comme le rappelle l’AFP, aucune accréditation n’a été renouvelée en 2020 pour les correspondants des médias français à Alger…

Nomination : La cour des socialistes non-croyants

Emmanuel Macron n’est pas rancunier. Il vient de nommer premier président de la Cour des comptes l’ancien ministre et ex-commissaire européen Pierre Moscovici, qui, l’été dernier, avait formulé quelques remarques acerbes sur le « populisme mainstream » du chef de l’État. Le « mainstream », il connaît « Mosco »… Socialiste pratiquant mais non croyant, comme beaucoup de camarades qu’il a côtoyés au PS, notamment Didier Migaud, son prédécesseur à la tête de la rue Cambon, Moscovici a toujours fait preuve d’une grande orthodoxie européenne et économique. Ardent défenseur du « oui » à tous les traités et à leur logique néolibérale, son « passage à Bercy correspond à la période où les déficits ont été le plus réduits depuis 2008 », se flatte-t-il encore aujourd’hui (Les Échos, 2 juin). Et s’il juge « nécessaire » la dépense publique supplémentaire décidée pour faire face à la crise du coronavirus, « cela n’empêche pas de réfléchir à court terme sur la qualité de cette dépense publique et à long terme sur la soutenabilité de la dette ». Voilà qui promet…

Lois : Le gouvernement dans la niche de LFI

Le coucou gris est un oiseau qui pratique le « parasitisme de couvée ». En clair, il pond ses œufs dans le nid des autres. Le gouvernement le fait aussi, mais avec les propositions de loi. Dernière victime en date ? La France insoumise. Le groupe LFI a sa niche parlementaire ce jeudi 4 juin. Il présentera une série de mesures, comme la reconnaissance des pandémies comme catastrophes naturelles, la déclaration de la nécessité d’une bifurcation écologique et solidaire, ou encore le plafonnement des frais bancaires pour tous à 2 euros par incident, dans la limite de 20 euros par mois et de 200 euros par an. Bruno Le Maire s’y est dit favorable. Un revirement surprenant de la part de ceux qui avaient, le 7 mai, fait an-nuler l’amendement voté par le Sénat dans la loi sur l’état d’urgence sanitaire, qui visait à protéger « les ménages fragiles des frais et commissions pour incidents bancaires ».

Victoire pour les Goodyear

Six ans après la fermeture de leur usine d’Amiens-Nord, 832 ex-salariés de Goodyear ont obtenu gain de cause devant la justice prud’homale. Après plus d’une décennie de combat judiciaire, qui avait notamment donné lieu à un procès gigantesque à Amiens en 2018, le motif économique de leur licenciement est invalidé. En 2014, année de la fermeture de l’usine, Goodyear affichait un bénéfice de 1,7 milliard de dollars.

Démosphère, treize ans d’alternatives

En sursis depuis janvier en raison de « problèmes personnels », l’agenda alternatif de la région parisienne a tiré le rideau, début mai, après 14 millions de visites. C’est un boulot considérable qu’a abattu l’équipe de Démosphère en treize ans d’existence : partir à la recherche des rendez-vous militants franciliens dans les méandres des pages web, des blogs et des réseaux sociaux, les vérifier puis les transmettre. Au total, l’équipe recense 60 000 événements communiqués. Dans un long message laissé sur le site, l’équipe raconte même qu’en 2019, à la suite de la forte mobilisation des gilets jaunes, tenir l’agenda militant lui a demandé 1 700 heures de travail ! Et tout ça bénévolement… La rédaction de Politis et l’association Pour Politis remercient toute l’équipe pour son travail, qui va beaucoup nous manquer.

Acharnement contre Cédric Herrou

Le parquet s’est pourvu en cassation contre la relaxe de l’agriculteur militant, prononcée le 13 mai par la cour d’appel de Lyon. Condamné pour avoir convoyé et hébergé des migrants, Cédric Herrou s’était félicité de cette victoire contre le « délit de solidarité ». Son avocate dénonce un « acharnement ridicule et consternant », et déplore « tout ce temps et tous ces moyens mis au service des poursuites » contre lui.

Arrêts cardiaques en hausse

Une étude parue dans The Lancet montre que le nombre d’arrêts cardiaques a doublé en région parisienne pendant les six premières semaines du confinement par rapport aux années précédentes. En cause, la rupture du suivi médical des patients, des délais plus longs de prise en charge en raison des difficultés à joindre les services de secours, mais également le fait que 90 % des accidents cardiaques se sont produits à la maison, donc avec moins de témoins.

Le vélo vent en poupe

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a triplé (60 millions d’euros) le fonds créé en avril qui offre 50 euros pour la remise en état d’une bicyclette. 62 400 demandes auraient déjà été faites. Et elle promet que l’État aidera les collectivités à pérenniser les 1 000 kilomètres de pistes cyclables temporaires mises en place pour le déconfinement.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notfications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.