Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Catastrophe écologique dans l’Arctique russe

Le 29 mai, l’un des réservoirs de diesel d’une centrale électrothermique située au nord de la région de Krasnoïarsk s’est effondré. Plus de 20 000 tonnes d’hydrocarbures se sont déversées, touchant la rivière Ambarnaïa et tous ses affluents. Si Vladimir Poutine a décrété l’état d’urgence au niveau fédéral, les causes de l’accident ne sont pas encore connues et il faudra des décennies pour que les écosystèmes se régénèrent.

Hydroxychloroquine : Une « fin de partie » qui n’en finit plus

Va-t-on un jour sortir de cette interminable controverse médiatico-scientifique ? Le 5 juin, les chercheurs britanniques de l’essai clinique « randomisé » Recovery, l’un des plus robustes actuellement et portant sur 11 000 patients, annonçaient l’absence d’effets bénéfiques de l’hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19. De quoi clore enfin le débat ? C’est sans compter que celui-ci a déjà largement excédé les limites de la science. Surtout, ce jour-là, le monde était plus occupé à commenter la rétractation, la veille par les auteurs, d’un article publié le 22 mai par la prestigieuse revue à comité de lecture britannique The Lancet portant sur 96 000 dossiers médicaux de patients hospitalisés pour Covid-19 et qui concluait à la dangerosité de la molécule. Une étude que le professeur Raoult avait qualifiée de « foireuse ». En cause, la qualité douteuse des données fournies par l’entreprise américaine Surgisphere et de nombreuses critiques méthodologiques. Un coup dur pour la réputation du Lancet et une aubaine pour les supporters du « Mbappé » marseillais de la recherche infectiologique, qui ne brille pourtant pas par les mêmes capacités d’autocritique.

LREM : Crise de « note » à l’Assemblée

Une note de Gilles Le Gendre adressée fin mai à Emmanuel Macron et publiée par Marianne a mis le feu aux poudres dans le groupe LREM. Le député de Paris y plaide pour un changement de Premier ministre. Ce qui n’est pas pour réchauffer l’ambiance avec Édouard Philippe. Il juge aussi qu’il n’y aurait, au sein du groupe qu’il préside, « aucun candidat crédible » pour Matignon, ni pour figurer dans son casting gouvernemental, hormis lui. Effet garanti sur les députés marcheurs, déjà affectés par le départ en mai d’une quinzaine de leurs collègues pour constituer deux nouveaux groupes parlementaires. Le Gendre, lui, indique qu’il n’envisage « en aucun cas » de démissionner et continue de marcher droit dans le mur.

Libye : Le double jeu français

La crise libyenne a connu un épilogue provisoire, le 5 juin, avec la défaite de l’Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar. Le postulant dictateur qui, depuis quatorze mois, multipliait les assauts sur Tripoli, a dû abandonner son bastion de Tarhouna, au sud-est de la capitale. C’est une victoire pour le gouvernement de Faïez Sarraj, seul reconnu par l’ONU. Mais derrière cette apparence, c’est un nouvel épisode d’une guerre par procuration entre la Russie, l’Égypte et les Émirats arabes unis, d’un côté, et la Turquie, de l’autre. Moscou, Le Caire et Riyad souhaitaient installer à Tripoli un pouvoir fort, proche du maréchal Abdel Fatah Al-Sissi en Égypte. Ils se sont heurtés aux forces loyales du Gouvernement d’accord national (GAN), qui a reçu le renfort décisif de la Turquie. La situation de Faïez Sarraj n’en est pas moins inconfortable. Il a dû concéder à la Turquie des droits sur la zone maritime au large de Tripoli. Quant à la France, elle a joué un double jeu, soutenant d’abord officiellement le gouvernement Sarraj, puis officieusement le maréchal Haftar, perdant finalement sur tous les tableaux. En attendant, le conflit libyen, qui ressemble au conflit syrien dans un rapport de force inversé, est loin d’être fini. La Russie a perdu avec Haftar une pièce maîtresse, mais elle est toujours là, peu disposée à laisser la voie libre à la Turquie. 

Pas de libre-échange avec le Brésil !

Les députés néerlandais demandent à leur gouvernement, dans une motion votée le 2 juin, de ne pas ratifier l’accord de libre-échange en cours de finalisation entre l’Europe et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). Un accroc qui pourrait se révéler fatal à ce projet très critiqué si l’exécutif néerlandais décidait de suivre ses parlementaires.

Extrême droite : Attaque du bar antifa Le Saint-Sauveur

C’est la veille des sept ans de la mort de Clément Méric, militant antifasciste tué par un skindhead, qu’une vingtaine de militants d’extrême droite sont passés à l’action. Jeudi 4 juin, le bar le Saint-Sauveur, bastion antifa de l’Est parisien, a été victime d’une attaque attribuée au groupuscule fasciste ultraviolent les Zouaves. Armés « de matraques et d’aérosols de gaz lacrymogène », selon les policiers, ils se sont rués sur les gens attablés mais ont surtout causé des dégâts matériels. Des clients les ont fait fuir, ainsi que des habitants du quartier venus à la rescousse, témoignant de « l’importance du bar dans le tissu social du quartier », se félicite le patron du Saint-Sauveur.

Pas d’alliance entre PCF et LFI à Saint-Denis

Ça aurait pu, ça aurait dû, mais ça ne se fera pas. Le maire sortant de Saint-Denis, Laurent Russier (PCF), arrivé deuxième au premier tour de l’élection (24 %), a refusé de s’allier avec Bally Bagayoko (LFI, 18 %). Motif ? La présence de Madjid Messaoudene sur la liste. Le militant contre les violences policières et antiraciste est accusé d’avoir « souvent pris des positions clivantes, [...] sur la laïcité, l’égalité femmes-hommes, les rapports police-population ». Le communiste fera donc cavalier seul contre Mathieu Hanotin, candidat du PS aux tendances marcheuses, arrivé largement en tête (35,3 %). Où la très possible chute d’un bastion due à la bêtise…

Municipales : Le panier de crabes montpelliérain

Même à 10 kilomètres de la mer, la campagne pour ravir à Philippe Saurel (19,1 %) la mairie de Montpellier a tout du panier de crustacés multicolores. Second tour oblige, un jeu d’alliances doit se nouer entre représentant·es des 14 listes (!) présentées au premier tour et les finalistes de ce qui sera une triangulaire : Philippe Saurel (ex-PS), Michaël Delafosse (Divers Gauche, 16,6 %) et le millionnaire aux accents franchement populistes Mohed Altrad (13,3 %). Surprise, ce dernier candidat a reçu le soutien d’un assemblage de gauche, qui n’était pas parvenu à s’entendre pour faire une liste commune au premier tour, composé de Clothilde Ollier, dissidente écolo, d’Alenka Doulain, à la tête d’une liste citoyenne appuyée par LFI et de Rémi Gaillard, humoriste. 42 des 64 colistiers d’Ollier ont dénoncé cette alliance. Baptisé « Nous sommes n’importe qui, nous avons l’écologie en commun » (une référence à l’adage de Rémi Gaillard), l’étrange alliage espère récolter 40 % des voix. Souhaitons-leur de ne pas en faire « n’importe quoi ».


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