Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Affaire Navalny : Crise diplomatique

C’est Merkel en personne qui a sommé le gouvernement russe de s’expliquer sur ce « crime » : les médecins allemands sont formels, l’opposant Navalny hospitalisé à Berlin (mais sorti du coma) a été empoisonné par un agent de type Novitchok, toxique militaire créé par la Russie, a priori seule détentrice, le même retrouvé en Angleterre sur Skripal en 2018. La tentative d’assassinat de l’agent double avait créé un incident diplomatique entre Londres et Moscou, et le cas Navalny est pris très au sérieux par plusieurs capitales, dont Paris : l’opposant aurait été empoisonné lors d’un vol en Sibérie, où il enquêtait sur la corruption organisée par des proches de Poutine (sa spécialité). L’affaire s’envenime au point qu’à Berlin on envisage de geler l’achèvement du très stratégique gazoduc Nord Stream 2, qui doit acheminer le gaz russe en Allemagne notamment.

Biélorussie : Partie serrée face à Poutine

Les jours du dictateur Loukatchenko à Minsk semblent comptés depuis sa réélection usurpée, le 9 août, après 26 ans au pouvoir. Un dirigeant aux abois : la contestation populaire a d’abord suscité sa répression féroce (trois morts) puis l’espoir de l’usure, avant un regain de manière forte, des cas de torture, 633 arrestations lors d’une nouvelle manifestation de plus de 100 000 personnes dans la capitale dimanche, et l’enlèvement de Maria Kolesnikova, figure majeure de l’opposition. Des « marionnettes » et des « fascistes » à la solde de l’étranger pour Loukatchenko, qui tente un coup de poker en se rapprochant à grande vitesse d’un Poutine, qui menaçait pourtant de l’évincer pour accélérer son vieux projet d’absorption du Bélarus (dénomination revendiquée par le pays, Biélorussie est une création stalinienne).

Après un temps d’observation, Moscou occupe désormais le centre du jeu. L’UE prépare des sanctions mais sans presse, espérant peser sur une résolution négociée de la crise, quand Poutine menace d’intervenir « en cas de chaos ». L’opposition fait pour le moment un sans-faute à cet échelon géopolitique, n’appelant pas l’UE au secours et ne manifestant pas d’hostilité envers la Russie. Réfugiée en Lituanie, l’opposante Tikhanovskaïa, qui revendique la victoire à la présidentielle, répète qu’il s’agit d’une affaire nationale, et se dit prête à discuter « avec tout le monde », même avec Poutine. Mais elle est sans doute trop démocrate pour avoir ses faveurs.

Disparition : Azenstarck, photographe des luttes sociales

Il avait été un des rares témoins des ratonnades en octobre 1961, orchestrées par Maurice Papon. Auparavant, il avait rapporté nombre de clichés des bidonvilles de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Reporter photographe à L’Humanité de 1956 à 1968, puis pour la presse syndicale et l’hebdomadaire de la CGT, La Vie ouvrière, il fixait régulièrement les ouvriers dans les usines comme les étudiants sur les barricades en mai 1968. Georges Azenstarck a fermé l’objectif ce 2 septembre, à l’âge de 85 ans. Notamment membre de l’agence Rapho, il avait parcouru le globe pour photographier le monde du travail. En 1999, un de ses reportages avait été sélectionné par Associated Press comme l’un des cent meilleurs du XXe siècle. Avec lui, c’est un cador du photojournalisme qui disparaît, et dont certaines images étaient encore exposées au festival Visa pour l’image, à Perpignan, en 2018.

Détresse à la frontière franco-italienne

Les associations françaises et italiennes d’aide aux réfugiés appellent aux dons, après la fermeture par les autorités italiennes, début août, du camp de transit géré à Vintimille (Italie) par la Croix-Rouge. Les besoins en nourriture, vêtements et médicaments sont importants pour les réfugiés laissés à la rue, à qui l’entrée sur le sol français reste interdite (informations sur www.adn-nice.org).

Trump : Une campagne à la Bolsonaro

Le président états-unien, devancé dans les sondages par Joe Biden, est en train de faire déraper sa campagne « à la Bolsonaro ». Ses réseaux sociaux et même son équipe font circuler des vidéos et des images ouvertement manipulées pour dénigrer l’opposant démocrate, présenté vieilli, endormi pendant un entretien, terré dans un cave, etc. France 24 s’est même étranglée en voyant ses images détournées pour servir la propagande trumpienne.

Fin du chômage partiel pour les personnes à risque

Les personnes âgées de plus de 65 ans, ou obèses, diabétiques, atteintes de maladies cardiovasculaires, etc., ainsi que leurs conjoints, ne peuvent plus bénéficier du chômage partiel pour se protéger du coronavirus depuis le 1er septembre. Pour cesser le travail, elles doivent s’en remettre à la bonne volonté de leur médecin, qui devra leur délivrer un arrêt maladie. Une pétition contre cette mesure a recueilli 18 000 signatures sur la plateforme change.org.

Record de gros sous pour Biden

364 millions de dollars de dons durant le seul mois d’août pour la campagne de Joe Biden, candidat démocrate à la présidentielle états-unienne. Le record de Barack Obama, 200 millions de dollars en septembre 2008, est battu. Selon les démocrates, 205 millions viennent de « petits donateurs ». L’effet Kamala Harris, sa colistière ? La nomination de cette dernière, le 11 août, avait entraîné la levée de 26 millions de dollars en seulement 24 heures…

Cachez ces tracts que je ne saurais voir

Difficile de mobiliser pour une législative partielle. Mais sans faire campagne, c’est pire. Le 5 septembre, en marge d’un forum, des militant·es PCF et LFI se sont vu·es notifier par la mairie d’Élancourt (LR) l’interdiction de tracter. Et le motif invoqué a de quoi surprendre : crise sanitaire, alors qu’en intérieur se tenait un rassemblement (!). Faut-il se demander à qui profite l’abstention ?

Benalla bientôt prévenu

Alexandre Benalla face à la justice ? Le parquet de Paris a requis, le 4 septembre, le renvoi de l’ex-chargé de mission du président de la République devant un tribunal correctionnel dans l’affaire des passeports diplomatiques qu’il aurait indûment utilisés. Il est aussi soupçonné de « faux administratif et usage de faux ».


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