Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Vaccin Covid-19 : Les pays riches refusent les génériques

Les pays riches se sont rués sur les vaccins avant même la fin des tests cliniques, en multipliant les précommandes à prix d’or. 85 % des doses du vaccin de Pfizer/BioNTech ont ainsi été préemptées par les pays du Nord.

Par crainte d’être les derniers servis par l’industrie pharmaceutique, l’Inde et l’Afrique du Sud, appuyés par une centaine de pays, dont la Chine, ont déposé devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) une demande de levée temporaire de la protection de la propriété intellectuelle et des procédés industriels. Cela permettrait aux fabricants de génériques de participer à l’effort de production, comme pendant l’épidémie de sida.

Réuni à huis clos le 20 novembre, le conseil spécialisé dans la propriété intellectuelle de l’OMC a écarté la demande, rapportent L’Humanité et Reuters. L’UE et les États-Unis sont les principales forces récalcitrantes, ainsi que la Grande-Bretagne, la Suisse, le Canada et l’Australie. Un vote de haute importance doit désormais avoir lieu, le 10 décembre au Conseil général de l’OMC, sur cette proposition. Il devra totaliser une majorité qualifiée des trois quarts des 164 États membres pour que la proposition soit adoptée.

Télétravail : Négociation ardue

L’ultime séance de négociation pour la rédaction d’un accord national interprofessionnel sur le télétravail, réunissant les syndicats de salariés et le patronat, patinait, mardi 24 novembre, à l’heure de boucler cette édition. Le patronat, longtemps réticent à l’idée de négocier, n’a pas fait de concessions sur un texte qu’il ne souhaite « ni normatif » « ni prescriptif ». Il tient à conserver la grande latitude dont bénéficient aujourd’hui les employeurs pour la mise en place du télétravail, que ce soit pour la définition des postes éligibles ou le déploiement de mesures d’accompagnement. Les syndicats de salariés refusent de signer un simple « guide des bonnes pratiques ». Interrompues dans la soirée du 23 novembre, les négociations ont repris mardi matin avant d’être à nouveau ajournées au lendemain. Faute d’accord, l’État pourra reprendre la main. Un constat d’échec pour le dialogue social, mais un gage de succès pour le Medef.

Télévision : Decathlon s’abstient de CNews

« Nous avons retiré nos publicités de CNews en cette fin d’année. » Telle est la décision de la marque Decathlon. On peut y voir les fruits de la campagne du collectif Sleeping Giants, collectif citoyen de lutte contre le financement du discours de haine. Visant la chaîne de Vincent Bolloré dont la tête de pont est Éric Zemmour. « Parce que de plus en plus de marques ne veulent plus financer la propagation de ces discours », selon le collectif.

On ne s’étonnera pas que Philippe Bilger, Florian Philippot ou encore Nadine Morano, jugeant « l’entreprise partisane et sectaire » aient pris le parti de la chaîne. L’enseigne ne s’est pas encore prononcée sur le retrait de ses publicités pour l’année 2021.

États-Unis : Trump savonne la planche de Biden

Que fait Trump depuis l’élection du 3 novembre, hormis tweeter à tout-va que Biden a triché ? N’ayant jamais été un bourreau de travail, il passe la moitié de son temps sur les greens de golf, alors que, pour deux mois encore, il est à la tête des États-Unis. Le reste du temps, il savonne consciencieusement la planche de son successeur. Histoire de plomber son arrivée, le battu a interrompu les programmes de soutien à l’économie mis en place dans le cadre de l’épidémie de Covid-19. En Alaska, de nouveaux forages pétroliers sont lancés dans un -sanctuaire naturel, et des condamnés à mort sont exécutés, au mépris de la trêve habituelle. Pour remercier son ami Netanyahou, il a fait libérer Jonathan Pollard, l’espion condamné en 1987, qui s’apprête à être accueilli en héros en Israël. Et le fidèle Mike Pompeo a, lui, profité d’une visite pour s’inscrire dans l’histoire comme le premier secrétaire d’État à visiter une colonie en Cisjordanie. Enfin, Netanyahou, aux abois lui aussi, est allé le 22 novembre en Arabie saoudite pour rencontrer le prince-tyran Mohammed Ben Salman.

Sahara occidental : Le Maroc réprime en silence

Que se passe-t-il au Sahara occidental ? Difficile à dire, sachant qu’aucun journaliste étranger n’est autorisé à pénétrer dans l’ancienne colonie espagnole occupée par le Maroc. Des affrontements armés larvés entre les forces du Front Polisario sahraoui et l’armée marocaine se poursuivent depuis le 13 novembre et la rupture du cessez-le-feu due à l’incursion par cette dernière au point de passage vers la Mauritanie de Guerguerat, supposé être sous le contrôle des Casques bleus depuis 1991. Dans la partie occupée par le Maroc, des manifestations de civils sahraouis se sont multipliées, comme dans la capitale Laâyoune, durement réprimées par les forces de sécurité marocaines. Et l’on dénombre depuis de nombreuses disparitions, faisant craindre le pire pour des militants « chargés » dans des véhicules sans aucune immatriculation…

Gouvernement : Solère à l’ombre… à l’Élysée

Ils ne sont pas explicitement nommés conseillers politiques du président de la République, mais c’est tout comme : Thierry Solère et Stéphane Séjourné ont affirmé récemment jouer un « rôle politique » de conseil auprès d’Emmanuel Macron. Respectivement député et eurodéputé, tous deux transfuges – le premier de LR, l’autre du PS –, les deux hommes auraient déjà l’oreille du Président depuis plusieurs mois, avant même le départ du dernier conseiller politique en titre, Philippe Grangeon. Leur rôle reste cependant informel et la communication l’entourant très expéditive. Une sobriété qui pourrait s’expliquer par les nombreuses mises en examen qui visent Thierry Solère, pour détournement de fonds publics, fraude fiscale et trafic d’influence passif depuis octobre 2019.

Affaire « Théo » : un rapport accablant

C’est une première : trois ans d’enquête des services de la Défenseure des droits sur les conditions de l’altercation, le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois, de Théodore Luhaka, dont il est sorti infirme à vie. Et c’est accablant : l’épisode est une longue liste d’actes totalement contraires à la déontologie policière, largement documentés par des vidéos ou des pièces administratives. Ce rapport éclaire d’une lumière crue le débat sur les violences policières, régulièrement niées par l’exécutif. Côté justice, le parquet a déjà demandé que trois des quatre agents impliqués soient jugés en Cour d’assises. La décision de la juge d’instruction est attendue prochainement.

Mairie de Paris : La vengeance d’Hidalgo ?

C’est l’arbre qui cache la forêt ? Dans une interview sur BFM TV, la maire de Paris a de nouveau taclé les Verts de sa majorité, les invitant à « progresser » sur la question de « la République ». En cause, le refus supposé, mardi 17 novembre, de certains écologistes de renommer un lieu de la capitale en hommage à Samuel Paty. « Un problème technique », répond son adjoint aux transports, David Belliard (EELV). Dans Libération, il se dit « sidéré » que cette défaillance ait été « instrumentalisée » par Anne Hidalgo. Selon lui, cette attaque remet en question la place des écologistes dans la majorité… De là à y voir le retour de bâton de l’affaire Girard, ce proche d’Hidalgo que les élu·es écologistes avaient poussé au départ en raison de sa proximité avec Gabriel Matzneff – et depuis visé par une enquête pour viol… « Je n’ose [l’]imaginer », a éludé l’écolo courroucé.

Engie lâche l’atome belge

Engie n’investira plus pour prolonger la vie des centrales nucléaires belges. En 2003, les élus écologistes avaient obtenu que le pays sorte de l’atome d’ici à décembre 2025. La coalition gouvernementale s’est donné jusqu’à fin 2021 pour acter la sortie et organiser la transition, mais Engie refuse d’attendre. La Belgique s’oriente donc vers une totale dénucléarisation.

Bismuth à la barre

Depuis le 23 novembre, un ancien président de la République comparait pour corruption et trafic d’influence : Nicolas Sarkozy – alias Paul Bismuth, du nom de la ligne téléphonique prise par un autre prévenu, son avocat Thierry Herzog, pour discuter de la corruption de l’ancien juge Gilbert Azibert. Le tout afin d’obtenir des informations sur l’affaire Bettencourt. Paul Bismuth – le vrai – s’est porté partie civile.


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