Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Israël : Une crise politique sans fin

Pour la quatrième fois depuis 2019, les Israéliens se sont rendus aux urnes, le 23 mars, avec la certitude de ne pas en finir avec une instabilité chronique. Comme toujours en Israël, l’affaire va se jouer dans les semaines suivantes après d’interminables tractations pour atteindre la majorité de 61 sièges à la Knesset. Et à ce jeu, c’est le plus cynique et le plus clientéliste qui gagne. Et celui-là, c’est Benyamin Netanyahou, fossoyeur de tous les plans de paix. Minoritaire dans l’opinion, aux prises avec la justice dans des affaires de corruption, Netanyahou est capable de marier l’eau et le feu, la droite religieuse du colon Naftali Bennett et des islamistes dont la défection a fait éclater la Liste unifiée arabe. Son principal rival, le centriste Yaïr Lapid, a peu de chance de trouver les alliés nécessaires à une coalition. Quant à la gauche travailliste (7 sièges dans la Knesset précédente), elle paie depuis vingt ans sa lâcheté de n’avoir pas voulu faire la paix avec Arafat.

Dette Covid : Qui devra payer ?

Le ministre de l’Économie dévoilait le 22 mars devant l’Assemblée – attention les yeux – ses premières pistes pour la « dette Covid ». Sans surprise, elle devra être « isolée » et bel et bien remboursée, affirme-t-il. Mais pour ne pas (encore) parler de hausse d’impôts, Bruno Le Maire dégaine la carte « croissance » : son retour fera mécaniquement gonfler les recettes fiscales de l’État, dont une partie sera fléchée vers le remboursement de la dette Covid. Un tel dessein suppose des « réformes structurelles », prévient-il, à commencer par « la plus structurante, celle des retraites ». Du recyclage de haut vol !

A contrario, pour Attac, les Amis de la Terre, Oxfam, la CGT, Solidaires, FSU et plusieurs personnalités, cosignataires d’une tribune parue le 19 mars, la dette pourrait être épongée grâce à un impôt ciblant « les ménages les plus aisés et les grandes entreprises ». Cela pourrait passer par la transformation de la CRDS, taxe temporaire destinée à rembourser la dette de la Sécurité sociale, que le gouvernement vient de prolonger jusqu’en 2033.

« Tagadagate » : Misère de la prohibition

La préfecture de police de Paris s’est vantée, le 17 mars, d’un grand « succès » dans la lutte antidrogue, avec force tweets triomphants, pour avoir « jugulé un atelier de produits stupéfiants (MDMA, ecstasy) qui alimentait des soirées clandestines ». Photos à l’appui, montrant un stock de poudre rose. Estimation de la « prise » : « 1 million d’euros » ! Sauf que ladite poudre était constituée… de fraises Tagada concassées, arnaque sans doute très lucrative pour dealers « gourmands ». Depuis, pas de nouveaux tweets vantards de la préfecture…

Disparition de l’Égyptienne Nawal El-Saadawi

« L’Égyptienne de base est l’esclave des hommes, l’esclave de la société, de la religion et du système politico-financier qui nous écrase tous », affirmait Nawal El-Saadawi en 2011, en pleine révolution de la place Tahrir. Inlassable défenseure des droits des femmes, parmi les premières à dénoncer l’excision (dont elle-même fut victime à 6 ans, comme 90 % des Égyptiennes encore aujourd’hui), pourfendant autant l’autoritarisme du pouvoir que l’islamisme – le premier l’a emprisonnée en 1981, le second l’a directement menacée –, elle est décédée à 90 ans. Elle laisse une cinquantaine d’ouvrages courageux, et un grand vide pour toutes les féministes du monde, en particulier les militantes arabo-musulmanes.

Diplomatie agressive

À la suite de l’envoi par l’ambassadeur de Chine, Lu Shaye, d’une lettre au sénateur Alain Richard pour le dissuader de se rendre à Taïwan avec ses pairs, considérant que cela remettrait en cause le principe d’unité de la Chine, le chercheur Antoine Bondaz a jugé dans un tweet ce courrier « inacceptable ». L’ambassade a répliqué sur les réseaux sociaux en qualifiant le chercheur de « hyène folle ». Lu Shaye a été convoqué le 23 mars au Quai d’Orsay, au terme d’une journée de frictions entre Pékin et les puissances occidentales sur le dossier ouïgour.

Bachelot recadrée

À l’Assemblée nationale, Roselyne Bachot a salué la nomination de Cyril Graziani, réputé proche d’Emmanuel Macron, au poste de chef du service politique de France Télé, louant un « grand reporter parfaitement connu pour son intégrité et ses qualités professionnelles ». Discours peu apprécié par la SDJ de France 2, qui déclare n’avoir pas besoin « de son approbation ». Aurait-elle d’autres choses à faire ?

CNews sanctionnée

En septembre dernier, sur CNews, Éric Zemmour déclarait que les mineurs isolés en France étaient tous des « voleurs », des « assassins » et des « violeurs ». Propos qui ont valu l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris pour « provocation à la haine raciale » et « injures publiques à caractère raciste ». Le CSA vient d’infliger une amende d’un montant de 200 000 euros à la chaîne d’information. Une première. Enfin !


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