Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Amazon : Des syndicats ? Pas de ça chez nous !

Amazon emploie 800 000 salariés aux États-Unis et n’a pas le moindre syndicat. Mais cela pourrait changer, à la faveur d’un vote historique des 5 800 salariés du site de Bessemer, en Alabama. Il a fallu qu’un syndicat de la distribution, RWDSU, campe nuit et jour pendant des mois devant le site pour recueillir les 3 000 signatures nécessaires à l’organisation du vote. Et la consultation s’est achevée le 29 mars dans un climat détestable – nous ignorions son résultat à l’heure de boucler ce numéro.

Le géant américain de l’e-commerce a envoyé des textos aux salariés, collé des affiches et organisé des réunions obligatoires toutes les semaines pour tenter de dissuader ses employés de voter en faveur d’un syndicat. La firme a même obtenu des autorités locales de raccourcir la durée du feu rouge à l’intersection où s’était installé le syndicat pour faire campagne, afin de raccourcir la durée des discussions. Et les articles détaillant ces agissements dans la presse du monde entier n’ont visiblement pas freiné la firme.

Immobilier : Le Tartuffe d’Orange condamné

Le maire d’Orange Jacques Bompard (Ligue du Sud) a été condamné par la cour d’appel de Nîmes, le 25 mars, à un an de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 30 000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêt. Pour cet élu d’extrême droite, habitué à dénoncer « la fraude sociale », « la corruption », sans oublier le « laxisme judiciaire », la justice aura pris son temps. Les faits remontent à une quinzaine d’années, sa mise en examen à 2010. Et son pourvoi en cassation lui permet de rester en poste. Ce sont pourtant des faits de gestion que lui reproche la justice : la vente par la ville d’un bien immobilier générateur de plus-value à sa fille et à son gendre, ainsi que l’achat avec son épouse de deux terrains à bâtir dans un lotissement d’Orange valorisé ensuite par la ville suite à un vote auquel il avait pris part.

Spéculation : Le bitcoin pollue autant que 12 millions de voitures

C’est une facette méconnue du bitcoin, la fameuse cryptomonnaie dont la valeur fait le yo-yo en Bourse, affolant les spéculateurs du monde entier : à chaque transaction, une armée de serveurs informatiques turbinent pour faire marcher la « blockchain » permettant d’authentifier les bitcoins. Or la fièvre pour cette cryptomonnaie a fait grimper la consommation d’électricité de ces serveurs à un niveau équivalent à la consommation des Pays-Bas (0,4 % de l’électricité mondiale), relève Bank of America dans une récente étude. Et comme ces « mines » de bitcoins sont principalement situées dans des régions de Chine où l’électricité provient de centrales à charbon, la cryptomonnaie représente au total 60 millions de tonnes de CO2 sur un an. L’équivalent de 12 millions de -voitures.

Israël : Une corruption institutionnelle

Un quatrième scrutin en deux ans n’a pas permis à Israël de trouver une majorité. Le Likoud de Netanyahou, malgré un recul de 6 sièges (30 au lieu de 36) est encore le mieux placé pour former une coalition atteignant les 61 sièges à la Knesset, mais au prix d’un invraisemblable grand écart. Netanyahou tend la main à la fois aux suprémacistes juifs, homophobes et racistes d’Otzma Yehudit, héritiers du rabbin Kahane, jadis interdits en Israël, et aux islamistes proches des Frères musulmans de Mansour Abbas. Ce n’est même plus de l’opportunisme, c’est de la corruption institutionnelle. Son principal rival, le centriste Yaïr Lapid, plafonne à 18 sièges. Quant aux Travaillistes de HaAvoda (7 sièges) et au Meretz (6 sièges), ayant abandonné la moindre référence à la question palestinienne, ils glissent vers le néant. Résultat : aujourd’hui, 65 députés sur 120 sont favorables à l’annexion complète de la Cisjordanie. On guette la réaction de la diplomatie française…

Brésil : Bolsonaro condamné à indemniser une journaliste

Le tribunal de Sao Paolo a condamné Jair Bolsonaro, à verser l’équivalent de près de 3 000 euros à la journaliste Patricia Campos Mello, qui travaille pour le quotidien Folha De S.Paolo. Motif de la condamnation : propos machistes et dégradants à son égard. Le président brésilien, qui peut toujours faire appel, avait avancé, en février 2020, que la journaliste avait tenté d’obtenir un scoop contre lui en échange de faveurs sexuelles avec sa source. Rien de moins ! Voilà un moment que la journaliste d’investigation est dans le collimateur de la famille Bolsonaro. En -janvier, elle avait déjà obtenu une victoire judiciaire avec la condamnation de l’un des fils du Président, élu député, pour préjudice moral. Celui-ci avait affirmé que Campos Mello avait tenté de séduire un employé de marketing numérique pour recueillir des infos sur une enquête articulée autour de la désinformation au moment de l’élection en 2018. Au Brésil, un rapport de la Fédération nationale de journalistes recensait en 2020 428 atteintes à la liberté de la presse par agressions physiques, verbales et intimidations. Il pointe que Bolsonaro est directement lié à 40 % de ces atteintes.

Le chiffre de la honte

Comme chaque année, le 30 mars, un hommage a été rendu à Paris aux « morts de la rue » par l’association éponyme. Suivant son recensement, 535 personnes, dont l’identité occupe 4 pages du quotidien La Croix, sont décédées cette année dans des abris de fortune, dans le métro ou dans une structure d’hébergement. Elles avaient 49 ans en moyenne, pour 491 hommes et 44 femmes, dont un enfant de moins de 5 ans.

Une saignée pour Servier

« Tromperie aggravée », « homicides et blessures involontaires », mais pas d’« escroquerie ». Tel est le verdict du tribunal correctionnel de Paris sur le scandale du Mediator. Ce médicament fabriqué par les laboratoires Servier, prescrit contre le diabète et comme coupe-faim, créait de graves problèmes cardiaques et une hypertension artérielle pulmonaire. Le groupe pharmaceutique a été condamné à 2,7 millions d’euros d’amende à l’issue d’un long procès. « Ce n’est pas à la hauteur de la gravité du délit », a déclaré Irène Frachon, qui avait lancé l’alerte. Le tribunal a également condamné le groupe à verser 180 millions d’euros de dommages et intérêts aux parties civiles. Elles sont plus de 6 000 !

Science & vie exsangue

On peut appeler ça une rédaction fantôme et décimée. Depuis le rachat du mensuel scientifique, créé en 1913, par le groupe Reworld Media en 2019, Science & Vie a vu le départ de l’essentiel de ses effectifs. Malgré une grève et une motion de défiance. Ce sont encore neuf journalistes qui viennent de quitter la maison. In fine, il ne reste plus qu’un seul rédacteur ! Le titre ne tiendra que sur des pigistes et un site Internet pourvoyeurs de contenus dépourvus d’expertise scientifique.

Covid : situation dramatique au Brésil

Alors que le Brésil a déjà dépassé le nombre de 300 000 morts en un an, ce sont plus de 3 000 personnes qui meurent chaque jour avec la nouvelle vague de Covid-19. Résultat d’une politique sanitaire catastrophique menée par un président qui a longtemps méprisé le coronavirus et qui vient tout juste d’annoncer la création d’un comité de crise pour lutter contre la pandémie.

Le malodorant dossier de Me Lepage

Un agriculteur bio désirant installer son élevage de vaches et de chevaux à Adainville (Yvelines) en est empêché par trois habitants, dont l’éditrice Odile Jacob, défendue par l’avocate Corinne Lepage, membre du Pôle écologiste. Leurs craintes ? Diverses atteintes au milieu naturel mais aussi les nuisances visuelles, sonores, olfactives qui feraient perdre du cachet à leurs maisons. Le Conseil d’État a (heureusement) rejeté leur requête mais ces odorats sensibles ne semblent pas vouloir lâcher leur étrange idée de la ruralité.

Les jeunes appellent à l’union en Normandie

Ils ont entre 16 et 25 ans, et malgré leurs « étiquettes » et leurs « profils » différents, cent jeunes militant·es normand·es enjoignent leurs aînés à faire une liste commune rassemblant toute la gauche dès le premier tour des régionales, sous peine d’être absente du second. Les candidats sauront-ils se ranger à leur sagesse ?

Climat : dix victimes déboutées

En 2018, l’action en justice « People’s Climate Case » lancée par dix familles de différents pays dénonçait le manque d’ambition climatique des dirigeants européens à l’horizon 2030. La Cour de justice de l’Union européenne vient de rejeter leurs demandes, au motif que les plaignants n’étaient pas « individuellement » affectés. Difficile à entendre pour le lavandiculteur drômois Maurice Feschet, qui a vu les sécheresses consécutives frapper son activité…


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