Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Presse : Corse Matin en crise

On assèche toujours un peu plus : ce sont deux cents emplois qui sont menacés. Pas moins. Corse Matin, l’unique quotidien de presse écrite sur l’île de Beauté paye là une bataille d’actionnaires (dans laquelle on retrouve le journal La Provence – Bernard Tapie) et une gestion calamiteuse de la direction. À l’unisson, l’intersyndicale (SNJ, FO, STC et CGT) entend rappeler qu’il s’agit d’emplois « difficilement requalifiables » sur le marché du travail insulaire. Pour rappel, au cours des trois dernières années écoulées, deux plans de départs « volontaires » ont déjà eu lieu, diminuant considérablement la masse salariale. L’intersyndicale ajoute combien « le maintien de ces emplois et le redressement de cette entreprise et de ce journal sont parfaitement possibles, dès lors que des dirigeants en auraient la volonté et les compétences. Étant entendu que cela ne pourra se faire qu’en concertation avec les instances représentatives du personnel ».

Festival d’Aurillac : « Circulez, il n’y a rien à voir ! »

Le festival de théâtre de rue d’Aurillac avait annoncé son report en 2022 (après l’annulation de 2020), mais, cette année, l’événement ne devait pas être complètement « blanc ». Deux rendez-vous avaient été fixés, du 12 au 14 août et du 19 au 21 août, rassemblant « une dizaine de compagnies programmées et quatre-vingt compagnies programmées dans des lieux clos, contrôlables et répondant aux protocoles sanitaires et sécuritaires », précise la structure organisatrice. Ils n’auront pas lieu. Ainsi en a décidé la préfecture du Cantal. De façon surprenante, la raison sanitaire n’est pas mise en avant, mais le maintien de la sécurité et de l’ordre public. Sur profession-spectacle.com, l’ancien directeur du festival, Jean-Marie Songy, réagit ainsi à cette interdiction : « Le théâtre de rue est un art du détournement poétique de la ville. On utilise la ville, on est dans la cité, dans un endroit entre l’agora et l’espace partagé. C’est un art un peu perturbant dans la vie quotidienne. Ce que les autorités voient dans cette manifestation, encore aujourd’hui, c’est avant tout de la délinquance, de la dégradation, de la transgression esthétique. » Le festival d’Aurillac, victime de l’invariant sécuritaire.

Droits : Pegasus, logiciel de surveillance à grande échelle

Un consortium de journalistes vient de sortir une enquête détaillée sur un logiciel de surveillance vendue par une société israélienne à des États peu scrupuleux comme le Mexique, la Hongrie ou encore le Maroc. L’objectif officiel : lutter contre le terrorisme. L’utilisation réelle : la surveillance et l’espionnage de journalistes, d’avocats et de militants des droits de l’homme. Le tout via un logiciel intrusif qui permet d’entrer dans les téléphones portables des personnes visées et d’aspirer absolument toutes les informations générées : contacts, messages même cryptés, photos, etc. Un millier de citoyens français sont concernés, placés dans la ligne de mire du gouvernement marocain. Parmi eux : Edwy Plenel ou notre consœur de L’Humanité : Rosa Moussaoui. Un scandale planétaire qui rappelle, s’il le fallait, que la lutte contre le terrorisme sert de justification à bien des entraves aux droits fondamentaux.

Politique : Macron recrute encore au PS

382 élus territoriaux de droite et réputés « de gauche », en particulier des maires, saluent dans une tribune au JDD (19 juillet) le « courage » des décisions sanitaires annoncées le 12 juillet par Emmanuel Macron.

Ces signataires, parmi lesquels figurent Christian Estrosi (maire de Nice, ex-LR), Jean-Luc Moudenc (maire de Toulouse, LR) ou Martine Vassal (présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, LR) mais aussi les « socialistes » -Laurent Cathala (maire de Créteil) ou François Rebsamen (maire de Dijon), affirment partager « également les orientations [économiques] annoncées » comme « la priorité donnée au travail, à la production et au mérite », et appellent à faire « bloc, État et collectivités locales », autour de Macron. Notons que Rebsamen est aussi, depuis 2016, le président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR), le noyau dur des adhérents du PS.

L’Europe a aussi ses crises climatiques

Des pluies diluviennes ont ravagé l’est de la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Belgique, l’Allemagne… La ville de Liège a dû être évacuée et au moins 191 morts ont été décomptés en Allemagne et en Belgique. Qu’attendent les politiques pour réellement écouter les scientifiques et que l’urgence climatique devienne vraiment leur priorité ? Cette fois, ça a frappé au cœur de l’Europe : est-ce que le déclic sera assez fort en Occident ? Près de vingt ans après la fameuse phrase de Jacques Chirac, notre planète continue de brûler. Mais elle s’étouffe aussi, se noie, s’assèche, et ses habitants en font les frais, sur tous les continents.

Moderna engrange

Le fabricant de vaccins joue des structures d’évasion fiscale pour transférer, selon une enquête d’un centre de recherche néerlandais sur les multinationales, ses bénéfices du côté de la Suisse et de l’État américain du Delaware. L’étude estime que la société générera près de 18,4 milliards de dollars de revenus grâce aux ventes de vaccins contre le coronavirus dans la seule année 2021.

La médaille du mérite

Chaque édition des remises de la Légion d’honneur possède son lot de rigolades. Ce 14 juillet, Valérie Decaux, DRH du groupe La Poste, s’est vu décorée de la breloque. Bien méritée. Sans doute pour n’avoir pas permis, lors de la première vague de la pandémie, au personnel du groupe de bénéficier de protections en mars 2020, ou d’avoir éradiqué près de 20 000 emplois ces deux dernières années.

Un bikini sinon rien

L’équipe norvégienne de beach handball a finalement dû se résoudre à endosser le bikini lors du championnat d’Europe, qui s’est tenu en juillet en Bulgarie. Les joueuses, incommodées lors des règles et par les regards insistants des caméras, proposaient de jouer en short et dénoncent un vêtement « hypersexualisant ». Fin de non-recevoir de la Fédération européenne de handball, qui les a menacées de disqualification, craignant peut-être de décevoir certains spectateurs…


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