Genepi : une dissolution qui passe mal

Le Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées a été dissout par sa propre direction, au grand dam des détenu·es.

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On connaissait les difficultés de l’association depuis quelques années, après des relations rompues avec l’administration pénitentiaire et la suppression de ses subventions par le ministère de la Justice sous l’ère de Nicole Belloubet. Le Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées (Genepi) accompagnait les détenu·es depuis plus de quarante ans, à travers des missions éducatives, des ateliers divers et des cours effectués par des bénévoles au sein même des prisons. Début août, l’emblématique association, se revendiquant résolument « anticarcérale et féministe », a été dissoute par sa propre direction.

Un coup d’État interne résultat de querelles intestines, tandis que les membres de la direction justifiaient cette décision regrettant « une structure associative liée à l’État, qui contrôle et musèle les actions », refusant « de faire perdurer une association qui n’a pas été pensée comme un outil de lutte contre l’enfermement et n’a jamais servi l’intérêt des prisonnier·es ». Avant de souligner, dans un communiqué cinglant, que leur « perspective de lutte ne peut être que révolutionnaire, son but est l’abolition de la taule et de toutes les formes d’enfermement ».

Voilà deux ans, le Genepi avait déjà cessé ses interventions en milieu carcéral, au grand dam des personnes incarcérées. Aujourd’hui, d’anciens membres de l’association se sont regroupés pour renouer avec ses « valeurs historiques », sous l’appellation Rebond (Retour d’étudiants bénévoles organisés nationalement en détention), et annoncent, dès septembre prochain, que « des étudiants passeront de nouveau la porte des prisons ».


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