Laïcité : Le mauvais procès fait à Alexis Corbière

Le député LFI est accusé de « justifier l’assassinat de Samuel Paty ». Rien que ça !

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Voilà un triste exemple de ce qu’il y a de plus détestable dans le débat public. Le 15 octobre, sur LCP, le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière assène ce qui est, somme toute, une banalité, à savoir qu’un « outil pédagogique doit être adapté à un enfant ». « Il y a des dessins, dit-il, qui ne doivent pas être montrés à des adolescents. » « Le métier d’enseignant, ajoute-t-il, n’est pas de choquer. » Il dit cela à propos des caricatures de Charlie Hebdo, qui, selon Jean-Michel Blanquer, devraient « toutes » être montrées dans les classes. Et voilà que les gardiens du temple fondent sur leur proie. L’historien Jean Garrigues se transforme en polémiste de bas étage, accusant Corbière de « justifier l’assassinat de Samuel Paty ». Rien que ça ! Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ne craint pas l’outrance, lui non plus, estimant que « Corbière laisse penser que Samuel Paty est responsable de son propre assassinat ». Le 18 octobre, à une heure d’intervalle, sur France Inter, deux chroniqueuses, l’omniprésente Natacha Polony et Sofia Aram, souvent mieux inspirée, se font les griffes sur le député LFI. On lui reproche « le contexte », au lendemain de l’anniversaire de l’assassinat de Samuel Paty.

On ne trouve pourtant pas trace, dans le propos de Corbière, de la moindre critique de la pédagogie du professeur victime de la folie jihadiste. C’est le dogme qui est en cause. Et c’est l’esprit grégaire qui est à l’œuvre. Interdiction de réfléchir à une laïcité vivante, confrontée à la réalité de notre société. L’ironie de l’histoire, c’est que Corbière est vraiment le dernier que l’on puisse soupçonner de ne pas être assez laïque…


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