Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Souverainisme : Exploitation politique des dérives polonaises

Cela fait des mois que le gouvernement ultra-conservateur de Varsovie ferraille contre l’Union européenne, accusée d’ingérence. Avec la décision du tribunal constitutionnel polonais, la semaine dernière, le front prend une intensité nouvelle : certains articles du traité de l’UE seraient « incompatibles » avec la Constitution du pays, limitant sa souveraineté. Un « Polexit » n’est pas loin, bien que soutenu par moins de 10 % de la population.

L’extrême droite a bondi sur l’occasion, déversant sa rhétorique souverainiste antimigration. À droite, Aubert, Bertrand, Barnier, et même… Montebourg, remonté comme un coucou : « L’affirmation par la Pologne de sa souveraineté nationale par le droit est un événement important. […] Les intrusions permanentes de la Commission européenne dans nos choix sont devenues inacceptables. » Lançant même, sans fondement, que 60 % de nos lois sont d’inspiration de l’UE. Une exploitation politique opportuniste et un soutien à une juridiction suprême polonaise totalement à la botte du pouvoir, entorse à un principe d’indépendance fondateur de l’UE, qui a précisément justifié les « ingérences » de la Cour de Luxembourg envers la Pologne.

Italie : Attaque fasciste contre un syndicat

Une attaque « squadriste », « intolérable ». Samedi 9 octobre, lors d’un rassemblement contre l’équivalent de notre « passe sanitaire » à Rome, des activistes d’ultradroite, emmenés par les leaders du groupuscule néofasciste Forza Nuova, arrêtés depuis, ont forcé l’entrée et saccagé le siège national de la CGIL, première confédération syndicale (l’équivalent de la CGT). L’ancien métallo Maurizio Landini, son secrétaire général, a rappelé : « Ils ne peuvent pas nous intimider, ils ne nous font pas peur ! » Et réclamé la dissolution de Forza Nuova et des autres formations se réclamant du fascisme… comme le prévoit la Constitution de 1947. Car, en la matière, les Italiens ont déjà donné. Une grande manifestation aura lieu à Rome samedi 16 octobre.

Les 12 salopards

Parce qu’ils estiment que « la surveillance des frontières n’empêche pas les tentatives de passage illégales », douze États de l’Union européenne demandent, dans un courrier adressé au vice-président de la Commission, Margaritis Schinas, et à la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, de financer sur le budget européen la construction de barrières à leurs frontières pour empêcher les arrivées de migrants. Ces douze partisans d’une Europe cerclée de barbelés sont l’Autriche, la Bulgarie, Chypre, la République tchèque, le Danemark, l’Estonie, la Grèce, la Hongrie, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne et la Slovaquie.

Italie : Mimmo Lucano : la solidarité s’organise

Après sa condamnation inique à treize ans et deux mois de prison pour « aide à l’immigration clandestine », l’ex-maire de Riace est aujourd’hui l’objet de multiples campagnes de solidarité. De grandes manifestations ont eu lieu dans plus d’une trentaine de villes italiennes la semaine dernière, en soutien à celui qui avait fait revivre, grâce à un accueil massif de réfugiés, son village des montagnes calabraises, largement déserté par ses habitants partis eux aussi émigrer. D’innombrables courriers de lecteurs ont envahi les quotidiens italiens, pour s’insurger de voir « l’accueil » considéré comme un délit. En France, l’Association nationale des villes et territoires accueillants a exprimé son soutien, comme elle l’avait fait jadis pour Pierre-Alain Mannoni ou Cédric Herrou. Ce dernier a même déclaré : « S’il faut cacher Mimmo Lucano dans la vallée de la Roya, on le fera ! »

Olivier Dubois, otage depuis six mois

Le visage d’Olivier Dubois apparaît sur des affiches géantes de Paris à Marseille en passant par Fort-de-France ou Rennes. Le nom de ce journaliste indépendant de 46 ans résonne depuis le 8 avril, date à laquelle il a été enlevé dans le nord du Mali par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida. Travaillant depuis 2015 au Mali, Olivier Dubois connaissait parfaitement le terrain et la géopolitique de ce pays. La mobilisation internationale s’intensifie pour obtenir sa libération. La dernière vidéo le montrant en vie remonte au 4 mai.

Trappes : Deux droites au tapis

Ali Rabeh, proche du mouvement Génération·s, a été réélu dimanche maire de Trappes (Yvelines) avec 58,36 % des voix dès le premier tour d’une partielle sous tension, après l’annulation du scrutin de 2020. Il bat à plate couture Othman Nasrou, un proche de Valérie Pécresse (Libres !) à la tête d’une alliance peu commune constituée avec l’ancien maire PS Guy Malandrin, qui a rassemblé 34,89 % des voix.

Les « sans-fac » mobilisés à Nanterre

Une quarantaine d’étudiant·es ont occupé, le 8 octobre, un bâtiment administratif de la faculté de Nanterre (Hauts-de-Seine), pour dénoncer le refus de la direction d’inscrire une centaine de « sans-fac ». Depuis le début de l’année universitaire, celle-ci n’a concédé qu’une trentaine d’inscriptions à ces recalés des plateformes d’orientation Parcoursup et Campus France, malgré le droit d’étudier inscrit dans la loi.

Conseil d’État, acte 3

On prend les mêmes et on recommence. Ce jeudi 14 octobre, le Conseil d’État devait examiner une troisième fois le décret réduisant les allocations-chômage des travailleurs intermittents, après avoir prononcé en moins d’un an son annulation partielle et sa suspension. Seule nouveauté, nous comptons désormais sept requérants, grâce au renfort tardif de la CFTC. Autrement dit, la totalité du paysage syndical.


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