Le nucléaire et le gaz… « verts » sous conditions

La Commission européenne satisfait la France et mécontente les écologistes.

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À Bruxelles, c’est la patate chaude de ce début d’année : comment accorder les Vingt-Sept sur une classification des énergies en fonction de leur impact environnemental – la désormais fameuse « taxonomie verte ». La Commission européenne planche depuis plus de deux ans sur le sujet. L’objectif  ? Orienter les investissements vers les plus « vertes » d’entre elles, et d’abord les plus utiles à la lutte contre le dérèglement climatique. Au cœur de l’affaire : le nucléaire et le gaz naturel peuvent-ils en être ? Le premier, peu émetteur de CO2, est défendu par la France, qui veut en profiter pour relancer son industrie atomique, opportunément soutenue par neuf pays, dont les engagements sont pro-nucléaires et… pro-gaz. Ces derniers se recrutent à l’Est, où le charbon, prédominant, serait avantageusement remplacé par le gaz, beaucoup moins émetteur. Renvoi d’ascenseur : Paris soutient leur logique gazière !

Fin décembre, Bruxelles proposait un compromis digne d’un équilibriste : temporairement et sous conditions techniques (traitement des déchets nucléaires, seuils d’émission de CO2, etc.), l’atome serait classé « vert » et le gaz « de transition ». La critique des écologistes n’a pas tardé : ces ruses taxonomiques dénaturent un outil essentiel. Et pourraient ne pas amadouer cinq pays fermement antinucléaires. L’Autriche, en particulier, qui menace de saisir la Cour de justice européenne si l’atome est peu ou prou classé « vert ». Mais, dans ce groupe, c’est d’Allemagne qu’est venu le « OK » préliminaire à un déblocage. La coalition nouvelle au pouvoir, qui veut rénover les ambitions de l’Union, n’entend pas entraver l’action de Paris, qui vient tout juste d’en prendre la présidence. La décision finale de Bruxelles est attendue le 18 janvier.


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