Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Danemark : La « gestion » de l’immigration externalisée

Obliger les réfugiés arrivés sur son sol à aller demander l’asile dans un pays tiers, le Rwanda en l’occurrence, ou « louer » des cellules de prison à un autre État, le Kosovo cette fois, pour détenir les clandestins avant leur éventuelle expulsion vers leur pays d’origine… Le Danemark, où les sociaux-démocrates sont au pouvoir, est l’un des pays les plus riches du monde. Et son gouvernement ne manque pas d’idées en matière -d’immigration. Au pouvoir depuis 2019, la Première ministre, Mette Frederiksen, a certes été élue sur un programme promettant moins de coupes budgétaires et davantage d’investissements dans la santé, la protection sociale et l’éducation. Mais pas seulement. L’influence du Parti populaire danois (extrême droite), même en perte de dix points aux dernières élections, marque la politique du pays en matière d’immigration. Ainsi, les migrants ayant atteint le Danemark doivent prendre l’avion pour Kigali pour y déposer, depuis un « centre de réfugiés », leur dossier de demande d’asile. Quant aux clandestins, Copenhague a prévu de les envoyer au Kosovo, avec lequel il a signé un accord pour la location de 300 cellules de prison (pour l’équivalent de nos rétentions administratives) au prix de 210 millions d’euros et pour une durée de dix ans.

Agriculture : Trop de lait bio, pas assez de beurre

Après plusieurs années de croissance à 15 % ou 20 %, la consommation de lait bio stagne. Elle a même baissé en 2021 de 8 % pour les produits « ultrafrais bio » (yaourts et fromages). Avec l’arrivée sur le marché de nombreux producteurs terminant leur reconversion, le lait bio affronte désormais la menace d’une crise de surproduction. 250 millions de litres ont été produits en trop l’année dernière. Ce chiffre devrait encore s’aggraver au printemps, lorsque les vaches retrouveront les prés et se mettront à produire davantage de lait. En conséquence, les grandes coopératives ont commencé à baisser la -rémunération des éleveurs à partir du mois de septembre. Face à cette situation, la Confédération paysanne appelle l’État au secours et demande un effort des entreprises de collecte, pour aider les éleveurs à baisser leur production sans perte de -rémunération.

Paradoxalement, l’heure est simultanément à la rareté sur le marché du beurre. Parce qu’ils ont préféré produire de la crème et du fromage, plus rémunérateurs, les producteurs laitiers ont alimenté la cherté du beurre industriel… Au grand dam des boulangers, cette fois, qui craignent de devoir augmenter le prix de la sacro-sainte galette des rois.

Territoires palestiniens : le droit de tuer « libéralisé »

Jusqu’ici, pour tirer sur un civil palestinien, il fallait aux soldats israéliens une raison. Un jet de pierre ou de cocktail Molotov. Officiellement du moins. Désormais, une directive de l’armée autorise les soldats à tuer en territoire palestinien alors même qu’ils n’ont subi aucune menace. C’est la chaîne de télévision publique Kan qui a vendu la mèche le 19 décembre. Ce qui comble d’aise les colons, souvent à l’origine des incidents. Mais ces derniers et l’armée n’ont pas attendu cette nouvelle directive. Selon l’ONG Defense For Children International, 86 enfants palestiniens ont été tués l’an dernier. Ce qui fait de 2021 l’année la plus meurtrière depuis 2014.

EELV : Sanction d’une voix discordante

Le porte-parole d’EELV Alain Coulombel est un homme discret. Sa mise « en retrait » de sa fonction l’a été tout autant. Fait rarissime, si ce n’est inédit pour ce parti écolo, cette décision a été actée en bureau exécutif par 12 voix contre 2, le 14 décembre dernier. Ses proches du courant Le Souffle de l’écologie regrettent une « décision brutale et disproportionnée », Alain Coulombel n’ayant, à leurs yeux, que défendu « dans les médias, l’esprit de la motion d’orientation générale [du] dernier congrès qui stipulait, entre autres, la recherche du rassemblement des écologistes avec les forces de gauche qui s’écologisent pour les échéances électorales de 2022 ». Mais pour l’équipe réunie autour de Yannick Jadot, plaider pour l’union de la gauche quand Anne Hidalgo propose une primaire, et critiquer la posture « hégémonique » du candidat à la présidentielle, n’est plus tolérable en temps de campagne.

L’aérien déraille

Certains chiffres valent toutes les indignations. Celui assumé par le PDG de la Lufthansa appartient assurément à cette catégorie. Pour le seul mois de janvier, la compagnie aérienne assurera 18 000 rotations… à vide. La pandémie ayant asséché le flot des voyageurs, l’entreprise cherche ainsi à préserver ses droits de décollage et d’atterrissage dans les aéroports. Carsten Spohr, qui dirige le géant allemand, reconnaît une aberration écologique et appelle à une réforme des règles européennes en la matière.

Chaud climat

Les températures des huit derniers jours de décembre ont battu des records, dépassant parfois les 20 °C dans le sud du pays. La fin de l’année 2021 est ainsi la plus chaude jamais mesurée en France depuis 1947. Une situation exceptionnelle, que Météo France qualifie de « marqueur du changement climatique ». La dernière vague de froid à l’échelle du pays remonte à février 2012, soit il y a presque dix ans.

La Poste, responsable de ses sous-traitants ?

Sud PTT a annoncé, le 27 décembre, avoir assigné le groupe La Poste en justice pour des manquements à la loi sur le devoir de vigilance des entreprises. Il estime son recours à la sous-traitance excessif et l’entreprise pas suffisamment regardante sur les conditions de travail des livreurs de colis. Le syndicat annonce qu’une audience est prévue en mars au tribunal judiciaire de Paris.

Relaxe de Carola Rackete

Le 23 décembre, la justice italienne a abandonné les poursuites contre la « capitaine Courage » du Sea Watch III, qui avait accosté à Lampedusa en juin 2019 avec 42 migrants à son bord. Carola Rackete avait alors provoqué l’ire de Matteo Salvini, vice-Premier ministre à l’époque, aujourd’hui poursuivi pour séquestration et abus de pouvoir pour avoir interdit le débarquement de 147 migrants en août 2019.


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