Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Zemmour : Une condamnation méritée

Absent à son procès, en novembre 2021, comme à l’énoncé du jugement, lundi 17 janvier, Éric Zemmour n’en a pas moins été condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour ses propos sur les migrants mineurs isolés tenus sur CNews, le 29 septembre 2020. « Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent », avait-il affirmé.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, qui estimait que le polémiste s’était rendu coupable de provocation à la haine et d’injure raciale, et infligé au candidat d’extrême droite une peine de 100 jours-amende à 100 euros, soit 10 000 euros, avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement. Le tribunal a aussi condamné le directeur de publication de CNews à 3 000 euros d’amende.

À Grenoble, Macron se défile

Grenoble inaugurait, le samedi 15 janvier, son titre de « capitale verte de l’Europe 2022 », décerné par la Commission européenne en octobre 2020. Il s’agissait de saluer « l’engagement de la ville en faveur de la transition écologique », en présence du commissaire européen à l’Environnement, Virginijus Sinkevicius. Mais sans Emmanuel Macron, qui s’est fait remplacer par la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Ce qu’a vertement critiqué Éric Piolle, le maire EELV de la ville : « Partout en Europe, les chefs d’État sont aux côtés des villes quand elles relèvent le défi du climat et deviennent “capitale verte” du continent. Partout… sauf en France. » Vu son indigent bilan climatique, Macron craignait-il que ses hôtes lui fassent une conduite de Grenoble ?

L’endométriose (presque) reconnue

Les député·es ont adopté à l’unanimité la résolution portée par La France insoumise demandant l’inscription de l’endométriose dans la liste des affections longue durée. Le but : bénéficier d’une prise en charge à 100 % des soins, d’arrêts maladie sans délai de carence ou d’aménagements du temps de travail. La moindre des choses pour une maladie gynécologique invisibilisée, alors qu’elle touche une femme sur dix ! Ce vote n’est que symbolique pour le moment, mais il tente de mettre la pression sur le gouvernement. Or, deux jours plus tôt, Emmanuel Macron communiquait sur le lancement d’une stratégie nationale contre l’endométriose… qui passait complètement sous silence cette demande des patientes. Le parcours de la combattante n’est pas terminé.

Perpétuité pour un colonel syrien

Pendant plus d’un an, le tribunal de Coblence, en Allemagne, a instruit le procès d’Anwar Raslan, haut gradé des services de renseignement syriens, poursuivi pour crimes contre l’humanité. Exilé en Allemagne, il avait été arrêté en février 2019. Une longue enquête a révélé son rôle déterminant au sein de la division 251, en charge des interrogatoires dans les prisons. Il a été jugé coupable de la torture d’au moins 4 000 personnes, du meurtre de 27 détenus et d’abus sexuels. Il s’agissait du premier procès en lien avec les exactions du régime de Bachar Al-Assad.

Le crépuscule de « BoJo »

« Situation intenable », « un mort-vivant, politiquement » : la fin est proche quand de telles critiques émanent de son propre camp. C’est le lot du Premier ministre conservateur britannique, Boris Johnson, englué dans ses mensonges depuis des révélations dénonçant l’organisation de fêtes dans les locaux du gouvernement, quand la population était soumise à des contraintes sanitaires très strictes.

Italie : Obsèques nazies en pleine rue à Rome

Sur un cercueil, un drapeau rouge à croix gammée. Cette scène s’est déroulée lors de l’enterrement d’une militante néofasciste à Rome, le 10 janvier. Les images des saluts nazis devant la bière, en pleine rue, ont rapidement circulé, choquant l’opinion publique. Les funérailles célébrées étaient celles d’Alessia Augello, membre de Forza Nuova. Ouvertement néofasciste, ce groupe politique est accusé d’avoir dévasté le siège de la CGIL, principale confédération syndicale du pays, lors d’une manifestation anti-passe à Rome, en octobre 2021. Le diocèse de Rome a, de son côté, condamné cette cérémonie, qui s’est déroulée après la célébration religieuse, dénonçant une « instrumentalisation idéologique grave ». Le curé de l’église a exprimé « sa profonde tristesse, déception et consternation pour ce qui s’est passé ». En octobre 2020, une manifestation réunissant des dizaines de milliers de personnes défilait à Rome pour réclamer l’interdiction de Forza Nuova.

Campagne présidentielle : La nouveauté n’était pas à Lyon

C’est devant quelque 200 soutiens rassemblés sur le plateau de la Croix-Rousse, quartier pilote de la gentrification lyonnaise, que Christiane Taubira a formalisé sa candidature. Juste à temps pour être retenue dans la liste de la soi-disant Primaire populaire, de plus en plus taillée pour elle (lire Politis n° 1688). Si l’ex-garde des Sceaux affiche un soleil levant sur son logo de campagne, elle s’est contentée, dans la grisaille de ce samedi 15 janvier, de dévoiler les quatre thématiques de son projet (jeunesse, justice sociale, écologie, République). Le lendemain, Jean-Luc Mélenchon en mettait plein les yeux aux 3 500 participants à son meeting immersif et (un peu) olfactif de Nantes, plongeant son public dans des thèmes jusqu’à présent peu évoqués dans ce sprint présidentiel : l’espace, le numérique et la mer.

Défilé néonazi à Paris

15 janvier 2022. L’extrême droite la plus radicale défile sans honte dans les rues de la capitale. Dans le rassemblement anti-passe de Philippot, une équipe de l’AFP a été agressée alors qu’environ 200 néonazis étaient présents, bras tendu pour certains. Le soir venu, ils se sont retrouvés pour la « Marche de la Fierté », une déambulation aux flambeaux organisée par le groupe, pourtant officiellement dissous, Génération identitaire.

Harcèlement au ministère

La secrétaire d’État chargée de l’Éducation prioritaire, Nathalie Élimas, est l’objet d’une enquête administrative. Elle est accusée de « harcèlement » et de « maltraitance » par 6 collaborateurs. Selon les révélations de l’AFP, cette spécialiste des ressources humaines multiplierait les « crises de colère » lors des réunions de cabinet. Ces derniers mois, les départs et les arrêts maladie se sont multipliés dans son entourage. Elle dément les accusations.

Zone blanche

L’Observatoire international des prisons publie ce mois-ci dans son magazine Dedans dehors un dossier consacré à l’accès à Internet à l’intérieur des prisons. Sujet aussi rare que sensible. Il révèle une fracture numérique. Cette douloureuse zone blanche interroge le droit des détenus, l’accès à la toile, la visiophonie en détention, la visio-audience et la visio-médecine. Une analyse objectivée par les pratiques à l’étranger.

Très chers documents publics

Lancée le 12 janvier, l’Association des journalistes pour la transparence (AJT) milite pour que les journalistes puissent enquêter plus facilement, notamment avec un accès facilité aux documents de justice. Leur première initiative ? Une cagnotte pour financer une requête auprès du Conseil d’État, pour connaître la liste des invités aux chasses présidentielles, toujours secrète à ce jour. Montant de la requête ? 5 000 euros minimum, selon l’AJT.


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