Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

Cet article est en accès libre. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas se financer avec la publicité. C’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance : achetez Politis, abonnez-vous.


Anti-avortement : L’Oklahoma fait du zèle

Le Parlement de cet État voisin du Texas a chaussé ses bottes de sept lieues. Depuis le début de l’année, il a proposé trois lois restreignant le droit constitutionnel états-unien à l’IVG, et surtout deux en moins de trois semaines, ce mois-ci. Avec le plein appui du gouverneur Kevin Stitt, qui signe tout texte allant dans ce sens. Le 19 mai, l’Oklahoma est devenu le territoire le plus restrictif des États-Unis en la matière : l’avortement y est banni dès le début de la fécondation, à quelques exceptions près (viol, inceste, risque pour la mère).

Le Texas n’est guère plus permissif : depuis septembre dernier, l’IVG y est interdite dès qu’il est possible de détecter le battement de cœur d’un fœtus, soit à partir de 6 semaines après la fécondation.

Le zèle de l’Oklahoma est la conséquence de la fuite d’un avis confidentiel, début mai, révélant que la Cour suprême, à majorité conservatrice, s’apprêtait à balayer l’arrêt historique de 1973 qui fait de l’IVG un droit constitutionnel. Si c’était le cas (décision avant le 30 juin), des lois anti-avortement entreraient alors automatiquement en vigueur dans une douzaine d’États très conservateurs, et presque autant pourraient rapidement s’engouffrer dans la brèche.

Agriculture : Les bassines d’eau du Poitevin illégales

La cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé l’annulation de l’autorisation de cinq retenues d’eau destinées aux usages agricoles en Charente-Maritime. Autorisées en 2008, ces bassines avaient déjà été retoquées deux fois mais étaient tout de même utilisées par les agriculteurs. En 2021, un nouvel avis défavorable a été émis lors de l’enquête publique, notamment à cause du manque d’explications sur l’impact de ces prélèvements d’eau sur les nappes phréatiques et les rivières. Pour la Confédération paysanne, ces bassines « servent un modèle agricole qui accroît les risques pour l’environnement et la ressource en eau : rotations courtes, surutilisation d’intrants chimiques et de l’eau ». Une victoire après une longue bataille juridique et des mobilisation citoyennes qui ont fait du bruit ces derniers mois, menées par les Soulèvements de la Terre et le collectif Bassines non merci.

Miss you, Miss.Tic

Figure du street art parisien, Miss.Tic est décédée le 22 mai de maladie à l’âge de 66 ans. Depuis 1985, elle essaimait ses silhouettes de femmes brunes, sexy et poétiques graffées au pochoir sur les murs de la capitale, souvent accompagnées de messages à portée féministe. Pure Parisienne, elle s’est élevée au théâtre de rue avant de découvrir la culture punk aux États-Unis. Sa griffe a participé de l’histoire du graffiti : de la criminalisation à la reconnaissance. Un pan de patrimoine bien connu des promeneurs parisiens qui s’en va.

Football : Mbappé roi du pétrole

La star du PSG Kylian Mbappé a créé la surprise, le 21 mai, en annonçant qu’il signait pour trois nouvelles années au club parisien, alors que son arrivée au Real Madrid était donnée pour certaine. Pourquoi ce revirement annoncé au côté du président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, proche de l’émir du Qatar ? Curieusement, ce n’est pas l’argent qui a fait la différence. Il coule à flots à Paris comme à Madrid. Les deux clubs promettaient au joueur un salaire de 150 millions d’euros sur trois ans à Paris et sur cinq ans à Madrid. Avec une prime à la signature dépassant les 100 millions d’euros dans les deux cas. La différence, c’est le pouvoir sans précédent dévolu à un joueur. Avec le chéquier du fonds souverain qatari, Mbappé, 23 ans, semble désormais tout-puissant. Le soir même du 21 mai le directeur sportif était congédié, remplacé par un proche du joueur. Mbappé donne désormais ses conseils de recrutement. Comme disait Hemingway, « Paris est une fête ». Mais pas pour l’équité sportive.

Australie : Victoire du parti travailliste

C’est la fin de neuf ans de règne des conservateurs : les électeurs australiens ont rejeté le Premier ministre Scott Morrison, fervent défenseur de l’industrie du charbon, lors des élections législatives du 21 mai. À la tête du pays désormais : le travailliste Anthony Albanese, qui s’est engagé à rattraper le retard pris par l’Australie en matière de lutte contre le changement climatique, aider les personnes confrontées à la flambée des prix et renforcer la participation des populations indigènes à l’élaboration de la politique nationale. D’après les dernières estimations, il a d’ores et déjà remporté 74 sièges de la Chambre des représentants. Pas assez pour décrocher la majorité absolue de 76 députés. Alors que bon nombre d’électeurs se sont tournés vers des candidats pro-environnement, le travailliste pourrait donc être amené à se verdir un peu plus.

Diplomatie : Grève historique au Quai d’Orsay

Il n’y avait eu aucune fronde depuis 2003. Mais le silence a aujourd’hui été brisé. Six syndicats et un collectif de jeunes diplomates appellent à la grève au ministère des Affaires étrangères le 2 juin. La raison ? « La disparition des métiers de la diplomatie, du consulaire, de la coopération et de l’action culturelle. » En ligne de mire : « une avalanche de réformes » qui conduirait à la disparition « petit à petit » du Quai d’Orsay. Réduction des activités consulaires, suppressions de postes… Les syndicats pointent surtout la disparition de deux corps historiques de la diplomatie française qui touche la plus haute marche du ministère. Une réforme annoncée discrètement par décret dans l’entre-deux-tours de la présidentielle. Et qui passe très mal.

L’enfer en garde à vue

« Coups de Taser », « coups de poing au visage »… Deux jeunes hommes arrêtés dans la nuit du 9 au 10 mai décrivent une nuit très violente. Deux plaintes pour « actes de torture » et violences au commissariat de Juvisy-sur-Orge (Essonne) ont été déposées auprès du parquet d’Évry. L’IGPN a aussi été saisie sur ce dossier.

Prof à poing

C’était en mars 2018. Alors que l’université de Montpellier est occupée par des étudiants s’opposant à la réforme des universités, un commando très violent dégage les contestataires. Dans ce groupe se trouve Jean-Luc Coronel de Boissezon, professeur de droit. Il est condamné à six mois de prison ferme et révoqué après les faits. Le Conseil national de l’éducation supérieure et de la recherche a décidé d’alléger sa sanction. Résultat ? La révocation est ramenée à une simple interdiction d’enseigner pendant quatre ans.

Fin de droits

Coup dur pour l’ancien chancelier allemand, qui se voit privé de ses bureaux alloués par l’État fédéral ainsi que de son budget pour employer du personnel. Le Bundestag a ainsi sanctionné, jeudi 19 mai, le refus de l’ancien dirigeant d’abandonner les fonctions qu’il occupe dans les groupes énergétiques russes Nord Stream et Rosneft, qui lui rapportent environ 1 million d’euros par an. Gerhard Schröder a finalement décidé de quitter le conseil d’administration de Rosneft : pas sûr que cela soit suffisant pour le Bundestag.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.