Législatives : soirée électorale fantôme pour la Macronie

La majorité présidentielle a organisé, ce dimanche 12 juin, une soirée électorale au siège de la République en marche. Avec, comme seuls représentants de la Macronie les ministres Élisabeth Borne et Stanislas Guerini.

Yann Mougeot  • 12 juin 2022
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Législatives : soirée électorale fantôme pour la Macronie
© Ludovic MARIN / AFPnnLa Première ministre Elisabeth Borne au siège de LREM au soir du premier tour des élections législatives de 2022.

Sans élus, cadres, ni même militants. C’est avec un casting réduit à une poignée de communicants que s’est déroulée, ce dimanche 12 juin, la soirée électorale de la coalition Ensemble ! pour les élections législatives, au siège de la République en Marche (LREM) dans le 8e arrondissement de Paris. Avec, pour seule réjouissance, une prise de parole de la Première ministre et candidate Élisabeth Borne, prévue peu après 20h en réaction aux premiers résultats.

Dès 18h30, une cinquantaine de journalistes sont déjà massés devant le bâtiment. L’accès au siège de LREM leur est progressivement accordé après une fouille minutieuse par des agents de sécurité. À l’intérieur, surprise : un grand buffet, mais personne d’autre que les journalistes pour en profiter. « Cette année nous n’avons pas invité de militants », confie un membre de l’équipe. Il promet tout de même que certains élus et cadres macronistes vont se joindre à la fête.

Soirée entre journalistes

Pourtant, aucune figure de la majorité présidentielle ne se présente face aux caméras installées près du pupitre qui doit accueillir la Première Ministre. « On ne sert à rien, c’est de la communication ! », s’énerve un journaliste travaillant pour la télévision publique. Et pour cause, les images de la prise de parole d’Élisabeth Borne, seul véritable événement de la soirée, sont fournies par l’équipe du parti présidentiel. « La seule information, c’est que les toasts au saumon de la République en Marche sont très bons », s’amuse un autre reporter.

À l’approche des premiers résultats, le volume des télévisions est monté. En plateau, les journalistes révèlent une légère avance des candidats de l’union de la gauche sur la majorité présidentielle au premier tour de l’élection. Aucune réaction au siège de LREM. Sur France 2, Anne-Sophie Lapix annonce l’intervention imminente d’Élisabeth Borne puis se ravise aussitôt. Car la Première ministre n’est toujours pas arrivée sur place.

Alors, les membres de la presse présents au siège de LREM s’arment de patience et suivent, à la télévision, les réactions des différents leaders politiques. Quand vient le tour de Jean-Luc Mélenchon, le son des télévisions est coupé quelques instants, au prétexte de réglages techniques.

Gauche et extrême droite, même combat

Finalement, la Première ministre se présente enfin face aux micros, près de trois quarts d’heure après l’horaire annoncé. À ses côtés se tient Stanislas Guerini, nouveau ministre de la Fonction publique et délégué général de LREM. Visage fermé et voix quasi-robotique, elle entame son discours : « Je veux remercier les habitants de la 6ème circonscription du Calvados de m’avoir placée en tête de ce premier tour. »

Regrettant l’abstention massive ayant touché ce premier tour des élections législatives, elle enjoint les Français à se rendre aux urnes pour le second tour. « Face aux extrêmes, nous portons un projet de cohérence, de clarté et de responsabilité », assène-t-elle, renvoyant dos à dos la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) et l’extrême droite. Les deux ministres s’éclipsent alors, cinq minutes à peine après leur arrivée, sans répondre à aucune questions.

Une soirée finalement à l’image du discours de la Première ministre : à oublier.

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