Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Bombes à retardement

Des pompiers tentent, le 5 juin, d’éteindre l’incendie qui s’est déclaré dans une installation de stockage de plus de 50 000 conteneurs à Sitakunda, à environ 40 km du port de Chittagong, dans le sud-est du Bangladesh. Près de 50 personnes sont mortes et 300 blessées, selon un bilan provisoire. Comme à Beyrouth, des produits chimiques dangereux y étaient entreposés, au mépris des règles de sécurité.

Nouveaux bras de fer autour du glyphosate

La cour d’appel de Toulouse a condamné les 21 faucheurs volontaires de l’Ariège à 300 euros d’amende avec sursis chacun pour des actions anti-glyphosate en 2016 et 2017. Ces militants avaient recouvert de peinture les bidons de pesticide dans des jardineries afin de les rendre invendables. La procédure judiciaire a duré cinq années car, en première instance, le tribunal correctionnel de Foix avait relaxé tout le monde, mais le parquet avait fait appel. La décision beaucoup moins clémente de la cour d’appel intervient alors que le sujet de la réautorisation du glyphosate dans l’Union européenne est au centre de toutes les attentions. Sa licence expirant fin 2022, les premières décisions tombent. L’évaluation de l’Agence européenne des produits chimiques a conclu que l’herbicide n’est ni cancérogène, ni mutagène, ni toxique pour la reproduction. Manque encore la décision de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, mais celle-ci ne devrait pas être publiée avant 2023.

Kazakhstan : Nazarbaïev, changement d’ère

Insolite, pour un régime autoritaire : dimanche 5 juin, il appelait la population à réformer, par référendum, un tiers de la Constitution. But principal : démanteler l’emprise de l’oligarchie Nazarbaïev sur le pouvoir et les richesses du pays. Le dictateur avait « démissionné » en 2019 après vingt-neuf ans aux manettes, en prenant soin de se bombarder « chef de la nation » (Elbasy), titre comprenant l’immunité judiciaire et un poste à vie dans un conseil de sécurité chapeautant la présidence. Où il avait placé Kassym-Jomart Tokaïev, un homme lige, qui ne l’est plus vraiment : c’est lui qui est à la manœuvre, et sa consultation a recueilli près de 80 % d’approbation, exploitant un ras-le-bol populaire qui a conduit aux émeutes de janvier dernier. Qui ont possiblement été attisées par le clan Nazarbaïev, pour déstabiliser un Tokaïev qui menaçait ses privilèges. Un amendement voté dimanche interdit d’ailleurs aux proches d’un dirigeant d’occuper des fonctions gouvernementales majeures. Mais pas de conclusion hâtive sur une démocratisation du régime : la réforme, qui ne touche pas aux institutions, pourrait bien se résumer à une bataille de palais visant à conforter la position de Tokaïev.

Morts dans l’indifférence générale

Une personne meurt en détention tous les deux jours en moyenne. Le collectif Les Mort·e·s de la prison organise, le 8 juin, pour la quatorzième année consécutive, un hommage aux personnes décédées dans le plus grand des silences. Pour l’année 2021, le constat est violent :
la Cimade a relevé près de 250 décès en prison, dont 50 % de suicides. Des chiffres qui ne peuvent être dissociés des conditions de détention, soulignées par l’association : « la surpopulation importante dans les maisons d’arrêt (137 %), les conditions matérielles souvent indignes, l’oisiveté subie, des personnes pouvant rester enfermées 22 heures sur 24 en cellule, l’isolement relationnel et affectif ».

Coup de filet dans la sphère néonazie

Une semaine, cinq interpellations. Mardi 31 mai, quatre personnes, connues pour leur appartenance à la sphère néonazie, ont été placées en garde à vue dans le Haut-Rhin, à la suite d’une « visite administrative » en lien avec le parquet national antiterroriste. Au cours de cette visite, les 200 gendarmes mobilisés mettent la main sur 41 armes, 167 chargeurs, dont 72 de kalachnikov, 35 kilos de poudre, trois presses à munition, deux silencieux. Deux des suspects ont été incarcérés, les deux autres ont été placés sous contrôle judiciaire. Le même jour, en Ardèche, un autre néonazi, soupçonné de planifier un massacre à l’arme à feu, était également interpellé. Son pseudo sur les messageries cryptées : « HeinrichHimmler88 ». Il détaillait ses cibles potentielles dans des vidéos : « les juifs, les Africains, les homosexuels et les femmes ». Angel B. a été mis en examen pour « entreprise individuelle terroriste » et placé en détention provisoire.

CO2 : un record vieux de 4 millions d’années

La concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère terrestre a atteint, en mai 2022, un niveau jamais vu depuis près de 4 millions d’années, selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique. La proportion de ce gaz aurait dépassé la barre des 420 parties par million (ppm) au cours du mois dernier. À la même période en 2021, elle s’établissait à 419 ppm, contre 417 ppm en 2020. Ces niveaux de CO2 sont supérieurs de près de 50 % à ceux de l’ère préindustrielle.

L’humanitaire en surchauffe

Les effets du réchauffement climatique exercent une pression croissante sur le système humanitaire. Selon une récente étude d’Oxfam, les besoins de financement, huit fois plus élevés qu’il y a vingt ans, n’ont été financés qu’à 54 % en moyenne au cours des cinq dernières années. L’ONG appelle à la création d’un « mécanisme de soutien équitable et automatique s’appuyant sur le principe selon lequel celles et ceux qui ont le plus contribué à la crise climatique payent pour les dommages causés dans les pays les moins responsables et les plus durement touchés ».

Le front anti-débat

Élisabeth Borne et Marine Le Pen ont en commun de ne pas aimer débattre. Les deux candidates ont refusé de paraître sur France 3, la Première ministre prétextant un problème d’agenda, l’icône du RN jugeant qu’il n’y a pas d’enjeu, sa réélection dans la circonscription d’Hénin-Beaumont étant acquise. « Quand c’est elle l’outsider, elle conspue Emmanuel Macron, mais elle fait pareil », grince l’écolo Marine Tondelier (Nupes).


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