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Publié le 3 octobre 2011

De la richesse …

… petite énigme politico-littéraire.

On débat beaucoup ces temps-ci de la notion de richesse, souvent liée à celle de pouvoir. Illustration - De la richesse … À partir de quel revenu est-on riche et puissant ? Sur ce thème, une devinette (facile). En espérant ainsi vous inciter à la lecture d’un récent ouvrage dont je me délecte en ce moment — par petits bouts, faut pas abuser des bonnes choses ! — et dont le passage ci-dessous, choisi parmi cent autres possibles, vous dira assez comme l’auteur pense juste et dit bien ! (Je bloque les commentaires pour 24 H, publication de vos réponses et de la solution demain.)

Un univers séparé

« Les “ Grands ” (quelle que soit la forme de société hiérarchique dans laquelle ils ont amenés à exercer leurs talents de prédateurs) vivent par définition dans un univers séparé — celui de la richesse et du pouvoir. Or chacun sait bien que la richesse — c’est-à-dire le privilège de pouvoir dépenser sans compter — finit toujours par corrompre le sens des réalités, puisque les caprices du riche, par définition, ne peuvent jamais venir buter sur les limites qui s’imposent à l’humanité ordinaire (c’est sans doute ce qui explique que les revenus pharaoniques que les élites globales ne cessent de s’octroyer — et toute honte bue — sont généralement encore plus absurdes qu’indécents1).

« Quant au pouvoir que l’on exerce sur les autres (et, par conséquent, l’habitude d’avoir toujours à son service une armée de domestiques — ou de courtisans — dépendants et craintifs, il tend inévitablement à conforter le dominant dans son idéal de toute puissance infantile et son statut d’enfant roi (il suffit de se reporter à la description que donne Tocqueville des effets pervers de l’esclavage sur la psychologie des grands planteurs du sud des Etats-Unis).

« Dans la mesure, par conséquent, où la capacité de se comporter de façon décente suppose toujours que l’on ait réussi à surmonter son égoïsme infantile (autrement dit, que l’on ait acquis cette maturité qui seule rend possible l’accès à l’autonomie véritable), il est évident que le mode de vie des classes privilégiées — en inhibant structurellement leur sens des autres et celui des réalités — ne peut que rendre problématique, dans la plupart des cas, l’apparition d’une véritable conscience morale, voire du bon le plus élémentaire.

« On ses souvient, peut-être, de la magnifique formule de Camus : “ C’est un homme libre ” — écrivait-il — “ personne ne le sert. ” Si cet axiome anarchiste est psychologiquement fondé, alors les brillantes “ élites ” qui se sont arrogé le droit de gouverner le monde sont d’abord à plaindre. »

À votre sagacité !

Mardi 4 Octobre, nouvel extrait : « L’impasse politique dans laquelle nous nous trouvons de nos jours ressemble beaucoup à l’univers des romans de Michel Houellebecq.

« Ces derniers ont pour cadre, en effet, une critique corrosive et impitoyable de la société libérale moderne. Mais tout se passe comme si les héros négatifs que Houellebecq choisit de mettre en scène avaient fini par se faire une raison et accepté d’évoluer sans plaisir et sans illusions dans ce climat désespérant.

« Un peu, en somme, comme des rats qui ne songeraient même plus à quitter le navire quand celui-ci commence à couler.

« De fait, nous n’avons jamais été aussi lucides quant aux nuisances de la logique libérale (et quant au monde inhumain vers lequel elle nous emporte à une vitesse accélérée) mais jamais, cependant, notre sentiment d’impuissance collective n’a été aussi profond et pathétique.

« C’est là le signe le plus évident de la faillite historique de toutes les organisations qui prétendaient, il n’y a pas si longtemps encore, lutter pour l’émancipation du genre humain … »

Et un indice : L'auteur n'hésite pas à faire l'éloge du rétroviseur. (Faut dire que pour sortir d'une impasse, on doit souvent recourir à la marche arrière …)

A vous !

Jeudi 6 : Cette fois nous y sommes : il s’agit bien de Jean-Claude Michéa , ce philosophe qui inscrit sa réflexion Illustration - De la richesse … dans les traces d’Orwell, dont il est aussi le biographe. Le complexe d’Orphée (356 p., 20 euros) paraît, comme ses précédents essais, aux éditions Climats (maison reprise par Flammarion, en effet, mais qui garde sa griffe). Louise (ci-dessous) vous donne à lire la quatrième de couverture, vous savez donc de quoi il s’agit.

Il me reste à ajouter que c’est une lecture vivifiante, comme l’étaient déjà son Impasse Adam Smith , L’empire du moindre mal ou Orwell anarchiste tory , ses précédents essais : on recommande vraiment aux gens de gauche de lire Michéa avec attention, et d’en faire leur miel, histoire de renouer avec le “sens commun”, cette common decency chère à Orwell, sans avoir peur de se retourner et de regarder en arrière, vers ce socialisme originel dont l’auteur souhaite qu’il nous aide à nous ressourcer.


  1. Comme l’a reconnu récemment Warren Buffett, avec un courage peu fréquent dans ces milieux, si la collectivité confisquait, du jour au lendemain, 99 % de ses biens, il ne s’en apercevrait même pas et rien ne changerait dans sa manière quotidienne de vivre. 


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