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Publié le 31 décembre 2015

Loups:une chasse mortelle organisée par Segolène Royal menace cette espèce protégée et utile

Manifestement, s’agissant du loup, espèce protégée par l’Europe, la France et la Convention de Berne depuis la fin des années 80, le ministère de l’Ecologie semble n’avoir lu que le naturaliste Buffon qui, pour fois peu inspiré, assénait ses préjugés en conclusion de son chapitre sur le loup de son Histoire Naturelle : « Désagréable en tout, la mine basse, l’aspect sauvage, la voix effrayante, l’odeur insupportable, le naturel pervers, les mœurs féroces, nuisibles de son vivant, inutile après sa mort ».

Depuis un an, sur ordre de Ségolène Royal et des préfets, les chasseurs ont abattu plus d’une trentaine de loups. Sans compter ceux qui ont été braconnés ou empoisonnés illégalement et discrètement. Cela s’appelle un « prélèvement ». Et la FNSEA réclame désormais une prime pour ceux qui tueront un canis lupus . Comme le prescrivait déjà la loi votée la loi votée le 3 août 1882 promettant une allocation de 100 francs par mâle tué et 150 pour une femelle. Soit entre 50 et 80 euros, mais surtout l’équivalent, très tentant, de quatre à sept jours de salaire journalier d’un ouvrier de l’époque. Bien plus pour un ouvrier agricole. Dans ces conditions et avec cette récompense il n’est guère étonnant que dés 1883, 1300 loups aient été éliminés du territoire français. Plus de 8000 loups ont été tués entre 1883 et 1906 et au début de la guerre de 1914, le loup avait pratiquement disparu des campagnes sans que la situation de l’élevage se soit améliorée.

Le ministère de l’Ecologie semble avoir choisi cette voie au moment où se prépare le passage de la loi sur la biodiversité devant les sénateurs à la fin du mois de janvier. Si les « urgences » en préparation ne repoussent pas encore l’adoption d’un texte qui attend déjà depuis trois ans. Une loi qui a d’ailleurs été vidée de tout contenu significatif par la Commission sénatoriale chargée de l’examiner après avoir déjà subi des modifications importantes par les députés. Tous pensant que la préoccupation de la protection de la nature et de la biodiversité ne s’impose guère. Ignorant (ou faisant semblant…) que la crise de l’élevage de montagne a bien d’autres causes. Comme par exemple les importations libres de taxe des agneaux congelés de Nouvelle Zélande.

Le résultat est que sur pression des chasseurs et des syndicats agricoles, pour la première fois depuis son retour en France, les effectifs de cette espèce protégée est en très nette régression. Ce qui ne peut qu’inciter un certain nombre de bergers et d’éleveurs à persister dans leur obstination à refuser de mettre en place les mesures de protection qui sont d’ailleurs financées par le gouvernement et les règlementations européennes. Christian Estrosi, président de Région adoubé par la gauche et des écolos, les encouragent dans cette voie puisqu’il s’obstine à affirmer, comme de nombreux parlementaires, que le loup a été introduit en France alors qu’il est revenu naturellement d’Italie. Alors qu’en Espagne et en Italie où les loups sont bien plus nombreux (2500 et 900) elles sont acceptées et efficaces sans que les éleveurs partent en guerre. Ils en font au contraire, comme pour les ours bruns qui y sont aussi plus nombreux qu’en France, un argument touristique. Ils leur installent même des musées, ce qui n’a jamais été le cas en France où la moindre initiative de ce type se traduit par des séquestrations de fonctionnaires de la nature ou des incendies criminels…

Le territoire français n’est décidément pas un paradis pour la nature sauvage puisque de nombreuses autres espèces comme le lynx, les grands rapaces, les castors et même les grands oiseaux migrateurs sont systématiquement persécutés et massacrés sans que les pouvoirs publics s’émeuvent. Car ils sont sous la coupe des fédérations de chasseurs dont les effectifs régressent pourtant depuis des années.


{Deux manifestations pour protester contre la chasse au loup sont prévues en janvier
- la première à Lyon place Bellecour à Lyon le 16 janvier à 14 h
- la seconde à Nice place Massena, le 17 janvier à 10 h}

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