Un discours volontaire. Des partisans survoltés. Une mise en scène impeccable. François Hollande a réussi dimanche 22 janvier son lancement de campagne. Fort de ses dix années à la tête du Parti socialiste, l’homme a du métier. Il connaît les thèmes qui plaisent aux troupes socialistes : l’appel aux principes de la République, la dénonciation de l’argent et de la finance, le changement d’orientation de l’Europe. Il sait les mots qui rassurent leur électorat : la laïcité, l’égalité, la justice, la jeunesse… N’ignore aucune des grandes figures qu’il est bon de citer et dont il faut se réclamer. Au-delà d’un indéniable savoir-faire rhétorique, le candidat a dévoilé une batterie de propositions, déjà connues, parfois non. Beaucoup sont issues du projet du PS. Certaines vont plus loin, comme l’interdiction des stock-options.
De quoi faire oublier l’image de candidat « gauche molle » dont l’avait affublé Martine Aubry et la gauche du PS. Les représentants de cette dernière ont fait part de leur satisfaction à l’écoute de ce discours « classiquement à gauche » (dixit Marie-Noëlle Lienemann). Au-delà des rangs socialistes, l’impression est toutefois nettement plus mitigée. Après avoir vanté à chaud un discours « chaleureux » et « argumenté », Eva Joly s’est avisé lundi que le candidat n’avait « pas dit un mot d’écologie ». Mieux, pour assurer « la transition énergétique », il veut « une industrie nucléaire forte inventant les technologies, les progrès de demain ». Les amis de Jean-Luc Mélenchon soulignent quant à eux l’appel réitéré de François Hollande au redressement des comptes publics et l’absence d’alternative à l’austérité. Ils notent aussi, à l’instar de Pierre Laurent, que « le candidat socialiste est resté muet sur les contours de la majorité qu’il entend constituer ».




