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Par Patrick Piro - 11 juin 2009

Limiter les naissances ? Yves Cochet s’explique

Le député Vert Yves Cochet veut limiter la natalité des pays riches. Sans cette mesure drastique, estime-t-il, l’humanité court à sa perte. Une position contestée par de nombreux spécialistes.

Le 4 avril dernier, Yves Cochet prend la parole devant 150 personnes dans un amphithéâtre de l’université Paris-Descartes. Entropia, la revue d’étude sur la décroissance  [1], organise un colloque consacré à la crise. Que proposent les politiques ? « Devant la gravité des menaces, n’être que réformiste, c’est être défaitiste. Aussi, je ferai trois propositions scandaleuses… » La première est une mesure sociale : la création d’un revenu d’existence universel avec instauration de la semaine des 28 heures (quatre jours de travail), soit la redistribution du gâteau – richesses et emploi – en parts plus petites mais plus égalitaires ; la deuxième est économique : la mise en hibernation de l’économie, « car le problème n’est pas le capitalisme, mais le productivisme prométhéen – la décroissance est inéluctable ». Un propos radical, mais assez classique dans ce milieu, par les temps qui courent. La troisième proposition est sociétale : la «  grève du 3e ventre ». Yves Cochet suggère que l’on agisse en France sur les allocations familiales de manière à dissuader les couples de procréer au-delà des deux enfants qui assurent le renouvellement minimal des générations : « Dans un pays occidental, un humain supplémentaire génère le même impact écologique que 12 Burkinabés ou 620 allers-retours Paris-New York… » Sur le fond ainsi que sur la forme, cette proposition a valu à Yves Cochet de vives réactions et des noms d’oiseaux. Mais elle a également suscité quelques échanges argumentés [2]. Dans les années 1970, Paul Ehrlich provoquait un beau tollé en prédisant l’explosion – démographique – de la « bombe P ». L’agitation autour du spectre d’une surpopulation planétaire s’était pourtant apaisée, depuis une vingtaine d’années, avec le ralentissement plus précoce que prévu de la natalité mondiale. Et voici à nouveau brandie la menace, en raison de l’aggravation de la crise écologique. Depuis le 4 avril, Yves Cochet refusait de préciser publiquement sa position, car cela aurait pu gêner la campagne électorale de ses amis d’Europe Écologie. Il le fait aujourd’hui pour Politis.

[1] www.entropia-la-revue.org

[2] Voir carnet.causeur.fr/antidote/malthus-ii-le-retour,00245#fn-245-1 www.liberation.fr/societe/01...

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Commentaires de forum
  • Ben, imaginons un instant que les Chinois, depuis 1950 (début de la politique Maoïste), aient eu 5 enfants en moyenne.
    Leurs 700.000.000 de "petis chinois" des années Dutronc (années 70 pour les juniors) seraient combien aujourd’hui ? Peut-être que le Tibet ne serait pas assez grand pour les accueillir ...

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  • 16 juin 2009 à 22:28

    Bonjour,
    Dans le cadre de réflexion : comment garantir une croissance infinie dans un monde fini.

    Exercice de CM2 :
    Si l’on suppose que tout citoyen du monde à le droit à un niveau de vie équivalent à 50% du notre actuellement.
    Combien d’habitant la planète peut elle supporter ?

    Bonne réflexion.
    Manu

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  • Rémi Manso 17 juin 2009 à 13:58

    La notion de Population Optimale développée par l’association anglaise "Optimum Population Trust" répond à la précédente question de @Manu : la Terre ne peut (en gros) supporter durablement que 5 milliards d’habitants, or nous sommes déjà presque 7 et les prévisions sont de plus de 9 pour 2050…
    Comme il n’est évidemment pas question d’éliminer qui que ce soit (réponse par anticipation...), si nous souhaitons que la vie se poursuive dans des conditions certes dégradées mais néanmoins supportables, cette constatation nous oblige par contre (au minimum) à un gros effort de stabilisation de la population mondiale.

    Ceci étant rappelé, dans l’immédiat les pays riches doivent diminuer drastiquement leur empreinte écologique et ce par deux méthodes complémentaires : décroissance de leur consommation et stabilisation de leur population (valable entre autre pour les USA, la France et la Grande Bretagne…). Dans cet esprit, la proposition phare de « grève du 3° ventre » d’Yves Cochet est une initiative nécessaire et courageuse et qui s’intègre parfaitement au cadre général évoqué au dessus.

    Par contre, à plus long terme se pose aussi le problème de la poursuite de croissance démographique du Sud, car démocratie planétaire oblige, ces peuples vont légitimement vouloir leur part de ce qui reste du gâteau (la croissance de la Chine et du Brésil en atteste) : les problèmes environnementaux vont alors inéluctablement s’emballer et nous mener à la catastrophe.

    Contrairement au « nous n’avons plus le luxe d’être pessimistes » de Yann Arthus-Bertrand dans son récent film "Home", c’est justement cette crainte d’un scénario du type "Soleil Vert" qui doit nous mobiliser : la création de l’association Écologiste Décroissante "Démographie Responsable" a pour but d’aider à cette tâche.

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  • Francois LITTERST/ Ingénieur 17 juin 2009 à 19:57

    La prise de position d’Yves Cochet a le mérite de satisfaire toutes les exigences :

    - le bon sens
    - la physique : la Terre n’est pas infinie
    - les mathématiques : une croissance exponentielle est dangereuse
    - la cybernétique : tout est régulé sur la planète sauf la fonction démographie humaine, ce qui est une grave erreur car tout système à croissance exponentielle est condamné à mort.

    En conclusion : le G8, le G20 sont un ramassis d’incapables, d’incompétents et d’irresponsables

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  • Germen SAN MARTIN DEL VALLE 18 juin 2009 à 08:50

    Enfin un homme politique qui pose la seule vraie question : COMBIEN D’HUMAINS SUR TERRE ?
    Ca fait des années que je me la pose, et ma réponse aujord’hui est "moins de 2 000 000 000 d’humains ayant les mêmes droits que moi".
    N’étant pas spécialiste, je serais heureux que d’autres que moi argumentent sur le sujet.
    A l’arrivée, il me semble évident que tout le monde arrivera à une valeur inférieure à celle de la population actuelle. Reste à savoir quelle politique mettre en oeuvre, et, à mon avis, ce n’est que en abordant ce problème que se trouve la base d’un projet politique sérieux (avis gratuit transmis à mes amis socialistes "d’brun").
    Yves COCHET a proposé une mesurette peut-être, mais c’est (mathématiquement parlant) infiniment plus que rien.
    C’est pourquoi je voterai (et essaierai de faire voter) pour lui. C’est d’ailleurs ce que j’ai voulu faire aux dernières européennes mais dans mon bureau de vote (hall de la mairie d’Avion) la pile de bulletins de "Europe écologie" n’existait pas, ce qui ne semblait affecter personne. Je me suis donc abstenu.
    %erci à SOS Planète qui a relayé cette information.
    Merci à POLITIS que je ne connais pas (mais je vais me renseigner).
    Cordialement,
    Germen

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