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Un cyclope nommé Obama …

mercredi 28 septembre 2011, par Bernard Langlois

… ou les deux yeux bien ouverts d’une journaliste algérienne.

Sur son blog, intitulé Une femme à sa fenêtre, Ghania Mouffok se présente ainsi : « Journaliste depuis 1984, vit et travaille en Algérie, (Alger) en indépendante depuis 1992. » [1]

Elle écrit sur ce blog des choses qui me semblent bien intéressantes, avec humour, ce qui ne gâche rien.

Ainsi, sous le titre : «  Obama est un cyclope. Moi aussi.  », elle s’interroge sur la pertinence qu’il y aurait à changer son regard sur le monde, comme on l’y invite de partout :

« Je suis prête en cette aube de ce 21ème siècle passionnant à revoir mes classiques comme m’y invitent des amis de bonne foi, des éditorialistes africains et autres segments de la » “mediaklatura” « émergente qui tentent d’expliquer à ma conscience obtuse que certes, l’Amérique est une grande puissance soucieuse de ses intérêts et “c’est normal”, mais qu’elle n’est pas le “deus ex machina” qui décide de tout et que les choses étant complexes par ailleurs, depuis sa riche histoire, ses contradictions internes, elle est contrainte parfois à être du bon côté du manche, comme en Libye par exemple parce que “quand même on ne pouvait pas laisser les Libyens se faire massacrer” »

Et la voilà qui analyse de près le discours d’Obama à l’Assemblée générale de l’ONU, suite à la demande palestinienne d’accéder enfin au rang d’Etat. Et elle constate :

« qu’ Obama voit le monde comme un riche mais pas comme un pauvre. Il voit le monde comme un Israélien mais pas comme un Palestinien. Il voit les insurgés libyens mais il ne voit pas l’OTAN. Il voit l’Iran mais pas l’Arabie Saoudite. »

« J’en conclus qu’Obama a des problèmes de vision, tout le temps il lui manque un œil. »

L’ Amérique est borgne et ne peut voir le monde tel qu’il est. Il faut qu’on l’aide à y voir clair en lui offrant d’autres angles de vision.

Et bien que Ghania se dise borgne elle-même (« L’ Amérique a besoin de mon œil. »), je trouve, moi, qu’elle a deux bons yeux bien ouverts.

Et je vous invite à y regarder de plus près, et à me donner votre avis.

[1] Merci à Mona Chollet de me l’avoir fait connaître.