Voilà un anniversaire qu’on se gardera de célébrer trop bruyamment. Du moins, il faut l’espérer. Le 20 septembre, cela fera tout juste vingt ans que la France a ratifié le fameux traité de Maastricht. Acte refondateur de l’Union européenne qui arrime cette construction politique à la doctrine néolibérale. C’est le traité de Maastricht, approuvé par référendum à une courte majorité, qui impose les fameux critères de stabilité budgétaire. C’est ce document, élaboré dans la capitale du Limbourg néerlandais, qui donne naissance à une Banque centrale européenne, indépendante de tout pouvoir politique, c’est-à-dire aussi de toute volonté populaire. Des impératifs exclusivement économiques et monétaires qui oublient le social et qui échappent à la sphère politique.
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La crise que nous connaissons réactualise dramatiquement ces débats. La gauche néolibérale défend sans états d’âme les « critères de Maastricht » et le statut d’une banque européenne qui échappe à tout contrôle démocratique. Mais la ligne de partage est parfois mouvante. Les opposants ne se rencontrent pas seulement au Front de gauche, ils sont aussi chez les Verts, et même dans les rangs du Parti socialiste, en dissidence par rapport aux directions. Beaucoup d’écologistes, très critiques à l’égard de cette Union européenne, lui trouvent cependant quelques vertus. Pour eux, la bataille pour une Europe plus sociale, plus écologique et plus démocratique doit se mener à l’intérieur du cadre actuel. D’autres, c’est le cas des responsables du Front de gauche, jugent que tout est à refaire. Nous avons voulu rouvrir ce dossier d’une brûlante actualité. Il nous intéresse doublement. C’est autant un débat sur la définition de la gauche en ce début de XXIe siècle que sur la nature de l’Europe.
Dette publique des États membres en pourcentage du PIB
(source Commission européenne, juillet 2012).
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