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L’école selon la gauche

jeudi 30 août 2012, par Clémence Glon

L’école, peut-être plus que tout autre secteur, a subi les ravages du sarkozysme. Suppression de milliers de postes d’enseignants, mise en cause des parents en cas d’absentéisme des enfants, promotion d’une excellence en trompe-l’œil, ghettoïsation des élèves en difficulté par l’assouplissement de la carte scolaire  : au total, ce sont bien les fondements de l’école républicaine qui ont été minés. Autant dire que, pour Vincent Peillon, la tâche est immense. Au sein d’un gouvernement qui fait, c’est le moins que l’on puisse dire, une rentrée difficile, multipliant les pas de clerc par rapport au discours du candidat Hollande, le nouveau ministre de l’Éducation nationale s’en sort plutôt bien. Nous l’avons interrogé sur sa conception de l’école. « Son » école se différencie nettement de celle de Nicolas Sarkozy. Tous les ministres ne peuvent pas en dire autant !

Vincent Peillon l’a promis : le changement se fera sentir rapidement. Car il existe bien un gouffre entre une école pensée par la droite et une école pensée par la gauche. La première, qui a sacrifié la formation des professeurs et l’encadrement des élèves sur l’autel des économies, perçoit toute dépense comme une « charge ». La seconde préfère parler « d’investissement ». Dans un contexte de rigueur généralisée, la création annoncée de 10 000 postes par an devrait au moins éviter l’effondrement du secteur. Mais cela sera-t-il suffisant quand 80 000 postes ont été supprimés au cours des cinq dernières années ? Parce que le recrutement n’est pas tout, Politis a recensé douze travaux – prioritaires mais non exhaustifs – qui attendent le ministre.

La concertation sur la refondation de l’école, ouverte au début de l’été, est en tout cas reçue comme une bouffée d’air. L’école redevient un enjeu majeur sur lequel chacun est invité à donner son avis. Sur le site « Des idées pour l’éducation », par exemple, chercheurs, syndicats, parents et professeurs esquissent des propositions de réformes. Tout en sortant d’un consensus immobiliste, Vincent Peillon va devoir traduire en actes un discours réellement progressiste.