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Comment y voir clair dans un pays "socialiste" sur le prix de remboursement des lunettes par la Sécu ?

vendredi 7 septembre 2012, par Claude-Marie Vadrot

L’âge venant et venu, je me suis trouvé dans l’obligation de changer des lunettes vieilles de quelques années. Car maintenant, sans verres correcteurs, non seulement le clavier de mon ordinateur ressemble à un gros pâté mais en plus j’ai du mal à distinguer au loin, une mésange à pois bleus d’un balbuzard pêcheur ou d’un radar automatique.

Donc consultation dans un centre médical et lunettes. Puis demande de remboursement avec surprise à la clé.

Les verres que j’ai payé 250 euros pièce (j’ai deux yeux, un luxe) me sont remboursés 6,22 euros (chaque, j’ai toujours deux yeux) pour un taux de remboursement de base fixé à 10,37 euros.

Je n’ai d’autant plus que mes deux yeux pour pleurer que la monture m’est remboursée 1,70 euros pour un taux de base de 2,84 euros. J’ai écumé les centres médicaux spécialisés, les opticiens « low cost » de Paris et de province et je n’ai pas trouvé une monture à moins de 49 euros.

Des lecteurs m’expliqueront sans doute que je viens de découvrir la lune et que tout le monde sait cela, ou que je suis un grand naïf. Voire...

Evidemment, ma mutuelle de la presse complètera ces remboursements auxquels, comme pour la Sécu, une quarantaine d’années de cotisation m’autorise à avoir recours sans le moindre complexe. J’y ai encore du « crédit », lequel sert, selon le principe fondateur des Assurances Sociales, à financer les soins de ceux qui n’ont pas mon excellente santé. Ce n’est que justice au moment ou les compagnies d’assurance rapaces planent au dessus de la Sécu.

Mais je voudrais bien savoir comment le gouvernement socialiste, donc social, compte faire pour aider tous ceux qui n’ont pas les moyens d’y voir clair sur sa gestion de la Sécurité Sociale et ne peuvent donc pas s’offrir de lunettes. Surtout s’ils n’ont pas (ou eu) les moyens de s’offrir une mutuelle digne de ce nom, c’est à dire pas un organisme privé.

C’est grave pour la santé pour une partie de la population, c’est grave pour le gouvernement dont, faute de lunettes adaptées (de près comme de loin car le diable est dans les détails), de plus en plus de Français ne pourront plus « voir » que le gouvernement est « socialiste ».