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Impôts : rien de nouveau …

lundi 10 septembre 2012, par Bernard Langlois

… sous le soleil !

[ Ce dialogue entre deux hommes d’Etat (qui ne passent pas pour être morts dans la misère …) dont l’Histoire, du temps où on l’apprenait, a retenu les noms, vous évoquera peut-être quelque débat d’actualité … Il est extrait d’une pièce de théâtre d’Antoine Rault, mise en scène par Christophe Lidon en 2008, avec Claude Rich dans le rôle de Mazarin. ]

- Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…

- Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’Etat… L’Etat, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça.

- Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

- Mazarin : On en crée d’autres.

- Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.

- Mazarin : Oui, c’est impossible.

- Colbert : Alors, les riches ?

- Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.

- Colbert : Alors, comment fait-on ?

- Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage (ou comme un pot de chambre sous le derrière d’un malade) ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…

[ Et merci à Baloo, fidèle lecteur de ce blog et contribuable vigilant, qui m’a fait tenir de texte … ]

Nota Bene :

Commentaires, comme d’hab’, sourcés et approuvés par le taulier.