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Salon de l’auto : Jean-Luc Mélenchon retourne à ses vieilles illusions sociales-productivistes...

samedi 29 septembre 2012, par Claude-Marie Vadrot

Jean-Luc Mélenchon, qui a enthousiasmé quelques millions d’électeurs avec sa planification écologique et son bagout (qui m’ont un court moment mystifié), n’a vraiment pas compris grand chose à l’avenir de notre société ; il l’a prouvé ce samedi 30 septembre, en venant défendre la pérennité de l’industrie automobile, militant avec Besancenot et Poutou, pour la sauvegarde de cette industrie du passé. Preuve (1) qu’il n’a pas vraiment lu les dernières statistiques sur les ventes en chute libre des bagnoles, en France et dans toute l’Europe.

Comme ses anciens amis socialistes, le néo-écolo du Front de Gauche, du Parti communiste et du Parti de gauche, part en croisade politique pour sauver les voitures, qu’il s’agisse de celles qui empoisonnent au diesel comme de celles qui se vendent des fortunes pour dépasser les vitesses limites sur route et autoroutes. Tous prisonniers d’une civilisation du passé, ils ne parviennent pas à imaginer ou à accepter que les emplois perdus de la production des bagnoles le sont pour toujours. Leur fabrication est entrée dans un coma dépassé que nulle médecine palliative ne prolongera durablement. Y compris les voitures électriques qui servent une fois de plus de vitrine illusoire aux constructeurs dont le porte parole du Front de Gauche conforte le lobbying.

Mélenchon reste bloqué sur le même siècle que les socialistes : le XX éme. Bien sur, la situation de ceux dont l’emploi est menacé est aussi tragique qu’injuste. Mais à quoi bon leur faire croire que leur avenir professionnel réside encore dans la fabrication des voitures ? Ce type d’emploi ne peut être sauvé, prolongé, démultiplié que par une transformation industrielle liée aux transports en commun, aux bus, aux trams ou aux trains.

Jean-Luc Mélenchon redevient donc, si par hasard il a un moment cessé de l’être, l’allié objectif de l’Automobile Club de France, des lobbies de la voiture, des confrères qui vantent sans nuance depuis quelques jours un Salon de l’auto attrape-nigauds ; celui de Ferrari, d’Aston Martin, de Bentley, de Rolls-Royce, et de tous ceux qui voudraient continuer à rouler encore plus vite et encore plus cher. Il plaide pour un passé révolu, comme le montrent les modèles les plus "admirés" au Salon. Comme si le temps du pétrole n’étant pas sur le point de s’achever.

Jean-Luc Mélenchon est finalement aussi peu écologiste, malgré ses affirmations, que ses camarades du PC, du PS et de la CGT qui refusent la fermeture de Fessenheim et l’arrêt progressif d’une vingtaine de réacteurs au nom de l’emploi.

(1) voir Politis de cette semaine sur le « Mondial de l’automobile ».