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Par Claude-Marie Vadrot - 15 juillet 2011

Une "énergie nouvelle" à la tête de Libération : Anne Lauvergeon dite Atomic Anne

Les responsables de la gestion de Libération ne savent vraiment plus à quels saints se vouer pour donner dans quelques jours la présidence de son conseil de surveillance à Anne Lauvergeon, connue aux Etats Unis sous le surnom d’Atomic Anne. Les journalistes de Libé ont intérêt à lire rapidement (probablement pas à relire) la « Troisième révolution énergétique  », le livre qu’elle à commis il y a trois ans. Ils pourront même, plutôt que de se farcir l’ode aux nucléaires, puisqu’il en existe parait-il plusieurs, qui sont « appelé à jouer une rôle décisif dans la troisième révolution énergétique qui s’amorce », s’offrir une bonne tranche de rigolade en lisant simplement sur la quatrième de couverture que Anne Lauvergeon a écrit son livre « au nom d’une fibre écologique clairement revendiquée ». Bon, ça y est, c’est passé, ça va mieux ? Alors la suite...

Cette superbe affirmation qui fera plaisir à plusieurs de nos confrères de Libération a sans doute été inventée par le co-auteur Michel Hubert Jamard qui n’est autre que le directeur de la communication du nucléaire chez Areva. Pas impossible d’ailleurs qu’il ait écrit l’essentiel de ce remarquable objet d’esbroufe communicante qui était destiné à servir de parapluie contre le « méchant » responsable d’EDF et à impressionner Nicolas Sarkozy.

La com’, c’est la spécialité de l’ex-responsable d’Areva dont le (lointain) passé de danseuse, les études à Normale Sup en sciences physiques et le diplôme d’ingénieur des Mines en a fait une femme exceptionnelle à tous points de vue. Le classement annuel de la revue économico-financière Forbes la plaçait encore en 2010 au 24 éme rang des femmes «  les plus puissantes du monde » et son arrivée risque de sonner le glas des efforts des journalistes de Libé passionnés par l’écologie. Car la dame ne va pas être nommée (on dit « élue » dans les gazettes) pour y tenir une rubrique de tricot.

L’ex conseillère de François Mitterrand a vu toute sa « belle » carrière cornaquée par l’entreprise de communication Image 7 et plus particulièrement pas sa responsable et amie Anne Méaux dont il faut redouter qu’elle s’occupe désormais de Libération alors que sa protégée a rêvé de diriger France Télévision. Cette spécialiste de la construction des réputations est née à Neuilly où elle a été au lycée. Ce qui lui a donné l’occasion, en 1968, de créer à 15 ans un Comité antigrève dans son établissement. Elle est ensuite passée par le GUD à la fac de droit d’Assas. Elle a, peu après, milité au Parti des Forces Nouvelles auprès duquel le Front National fait figure d’officine gauchiste. Elle a ensuite été la conseillère de Valéry Giscard d’Estaing à la Présidence de la République avant de remplir les mêmes fonctions auprès de la désormais défunte UDF puis de l’ultra-libéral Alain Madelin qui fut pendant deux ans ministre de l’Industrie. Il lui reste de cette époque un anti-communisme viscéral parce que personne ne lui a dit que le PC n’existe plus. Elle a ensuite créé sa boite de communication à la fin des années 80. Grâce à ses relations son entreprise s’est vue confier la gestion de l’image d’une partie des dirigeants du CAC 40. Ce qui ne l’a pas empêché de gérer aussi la communication de Pôle emploi, d’Eric Woerth ou encore du gouvernement Ben Ali. Ce qui explique peut-être que son salaire annuel se situe aux alentours d’un million et demi d’euros par an.

Voici donc quelle est la curieuse association chargée de l’avenir de Libération. On sent que l’élection présidentielle approche...

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Commentaires de forum
  • Admirons le syllogisme (A gros sabots bios) faisant, par osmose, du « nucléaire » une sorte d’émanation ayant rapport avec l’antédiluvienne extrême droite (du PFN), et tout ça par le biais du passé juvénile d’une communicante (paléo-guscardienne) qui cornaquerait Lauvergeon !…

    (Euh, le nucléaire français, à sa genèse, est surtout marqué par un tas de gens situés à gauche, mais bon…)

    On relèvera, au bout du compte, que Lauvergeon semble avoir été plus rugueuse avec Sarkozy que l’ondoyant Hulot dont monsieur Vadrot avait fait son chouchou ! Hulot associé au poilant « Grenelle » de l’environnement, et autres miroirs aux alouettes…

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  • Nicolas Morand en donne la nouvelle sur Libé :

    http://www.liberation.fr/medias/010...

    « L’impact de l’arrivée d’Anne Lauvergeon sur la ligne éditoriale de « Libération »
    Il n’y en aura aucun ! Le Conseil de surveillance, présidé jusque là par Edouard de Rothschild, qui rassemble tous nos actionnaires, est une instance de « reporting » sur les dimensions économiques de l’entreprise. Il n’y a aucun lien entre cette instance et la rédaction de « Libération ». Aucun lien, donc, entre le Conseil et la ligne éditoriale du journal. En tant que directeur de la rédaction, je suis garant de la liberté absolue des journalistes de « Libération », sur tous les sujets sur lesquels ils travaillent et enquêtent. Y compris le nucléaire et les politiques énergétiques ! »

    Restez tranquille, donc. Pourtant, curieusement, « Libération a décidé de ne pas ouvrir cet article aux commentaires. »

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  • Je n’ai pas employé le conditionnel et je rapporte des faits vérifiés ; Anne Méaux est bien chargée de gérer la communication d’Anne Lauvergeon depuis des années.

    Erreur Juvénile ? Ca peut arriver. Mais Madelin, cela ne date pas de 1968 mais de 1986. Et Anne Méaux ne dissimule toujours pas sa "haine" de ce qui peut paraitre "marxiste" à ses yeux. Elle n’a pas changé. Pas plus que con compatriote de Neuilly.

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  • Je ne fais d’ailleurs aucun procés d’intention au directeur de Libération. Mais ce n’est pas lui qui a les sous et qui fait les comptes.

    Ce qui se passe, c’est tout simplement (au minimum) c’est que les propriétaires de Libération se moquent de l’image donné par le journal et qu’ils n’oublient pas qu’un partie importante de la gauche reste pro-nucléaire. Ils l’ont prouvé en couïnant au moment où Atomic Anne a été débarquée.

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  • Nicolas Demorand est dans son rôle en protestant vertueusement !
    Mais on sait comment fonctionne - presque inéluctablement - l’autocensure...ou la mise à l’écart !

    Sur la collusion parfaitement collue de la grande presse avec le pouvoir et l’argent, voir le billet de Séb. Fontenelle...avec le lien très instructif sur un "petit personnage" :

    http://www.politis.fr/Foutons-Nous-...

    Et dire que Libé fut le journal de Sartre avant de passer à Rothschild...
    Oui, les grandes manoeuvres pré-électorales et pro-anti-n’importe-quoi ont commencé. Nucléaire ou pas (plus pour moi en tout cas) Anne Lauvergeon est du côté de Tepco et des banquiers !

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  • cp 15 juillet 2011 à 20:04

    ...Le Sartre sénile manipulé par Benny Lévy, ou bien par Glucksmann ? L’empapaouteur de drôlesses dont les petits jeux libertins exposés à une Beauvoir complice ont laissé quelques unes traumatisées à vie, ou alors celui du glorieux « Libé », quand le journal chassait le notaire du Nord, amateur congénital de gros beefsteaks, et donc de chair fraîche prolétarienne ?... Ou alors le chasseur de « chien » non communiste ?...

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  • Le notaire, ce n’était pas Libération, mais avant, l’Agence de Presse libération où le "journaliste" July considérait qu’un notaire devait forcément être coupable du meurtre d’une fille de prolétaire. Pour moi, ce n’était pas du journalisme.

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  • cp 15 juillet 2011 à 20:30

    ...Canal hystérique, alors !...

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  • Au fait : le nucléaire c’est successivement de Gaulle, Pömpîdou (un peu), Pierre Mesmer (tout nucléaire décidé en 1974) et Giscard.. DIT d’Estaing.

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  • cp 15 juillet 2011 à 22:49

    ...Aux (Crypto) communiste Joliot-Curie et socialiste Francis Perrin (Fils de Jean), grands chefs du CEA naissant...

    (Par ailleurs la naissance neuilléenne est certes très infamante, transmis aussi à ce poivrot de Jacques Prévert, né à Neuilly, qui ne semble toujours pas y avoir sa rue ; pas plus que Guy Mocquet, né à paris, il est vrai)

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  • Ce ne sont pas eux qui ont décidé et de la bombe nucléaire et du tout nucléaire civil. Il s’agissait de chercheurs.
    Quant à Neuilly, vous avez vous même fourni la réponse...

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  • cp 15 juillet 2011 à 23:08

    ...Ce n’est pas que chercheur mais maître après dieu dans la république française, à la mode de Gaulle... Recherche plus industrie plus... Tout, surpassant moult ministres.

    Seule la bombe a posé problème à ces deux personnages. D’où éviction du premier, en pleine guerre froide, et retrait volontaire du second pour l’aspect pratique des choses explosives, Yves Rocard le suppléant sur le plan de l’organisation, bien que spécialisé dans les seules opérations de calibrations des explosions françaises, ou autres….

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  • Reste que je ne vois pas bien le rapport avec Anne Lauvergeon à Libération

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  • cp 15 juillet 2011 à 23:33

    ...Qui invoquez la coupable présence d’ADN de droite extrême dans le « nucléaire », via l’imprésario d’Anne L., grande fille trop bête pour gérer sa médiatique carrière…

    J’aurais, pour administrer « Libération », plutôt suggéré Pâris Mouratoglou ! 75 eme fortune française, qui vient de revendre à EDF son prospère petit bizness de l’éolien ! Un vrai capitaliste vert… Ou son homologue l’ancien promoteur André Antolini… Demorand en eût fait des sauts périlleux d’extase bobo….

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  • luc 18 juillet 2011 à 08:13

    @cmv
    si un conseil de surveillance n’est qu’une activite comptable que fait le grandhilosophe francais BHL dans le conseil du monde,de liberation et d’arte ??

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  • Claude-Marie Vadrot 18 juillet 2011 à 09:43

    D’abord entre faire partie et présider un conseil de surveillance, il y a une différence de "poids".

    Réponse à votre question : madame Lauvergeon, BHL et d’autres sont ce que l’on appelle des "agents d’influence". Par exemple, si les ventes se trainent ils peuvent demander des changements dans le traitement de l’actualité...

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  • Anastasia 18 juillet 2011 à 11:21

    Votre analyse Madame Claude-Marie Vadrot est intéressante et me semble tout à fait pertinente, mais pensez-vous qu’un journal comme Libération risque encore quelque chose sur un plan déontologique ? Quand on est au fond, ’est difficile d’aller plus bas, non ?

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  • cp 18 juillet 2011 à 11:51

    ...Pour ce qui est de ce que d’aucun appelle "écologie", constatons que le Monde et Libération font figure d’une sorte de Pravda bicéphale qui exalte le conformisme de gens jadis "gauchistes", devenus de sages libéraux bon tein, et dont l’hystérie écolo convenue tient lieu d’ultime marqueur d’une gauchitude évanouie !

    Je lis par exemple le Monde tous les jours, et les délires de Foucard, ou de Kempf, s’étalent à longueurs de colonnes, le GIEC est leur Mecque, toute remarque à son sujet est blasphème, et si C-M.Vadrot lisait ces journaux, il verrait que sa vision du monde est la leur ! Pareil pour Sylvestre Huet, qui n’est pas un procrit à Libération, il peut y dégommer Allègre tout son saoul et co-signer des livres avec (Saint) Le Treut ; et je passe sur les répétitives et monomaniaques fixettes de Jean-Luc Porquet que l’on retrouve en pages I,II,III,IV,V,VI,VII et VIII du Canard Enchaîné, devenu un espace de radottage naturolâtre sans limites !

    Alors Lauvergeon en surveillante en chef, pas de danger que ça métamorphose la face de la presse française. La "surveillance" dans notre capitalisme c’est genre reine d’Angleterre et coupage de rubans...

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  • Claude-Marie Vadrot 18 juillet 2011 à 12:37

    D’abord, je porte la barbe.

    Et oui, je pense que la pente naturelle d’un journal est toujours de se dégrader quand son capital est contrôlé par l’establisment économique

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  • Claude-Marie Vadrot 18 juillet 2011 à 12:44

    Allons, effectivement, un peu de sérieux...

    Evidemment je lis ces journaux et quelques autres tous les jours. Je lis même le Parisien, les Echos, El Pais, le New York Herald Tribune ou l’Humanité et j’y trouve des informations passionnantes.

    Votre mépris et votre suffisance envers les journalistes du Monde et de Libération sont assez sidérants. Je me demande si vous parvenez à vous supporter...

    Vous devriez lire plus attentivement et sans a priori, les journalistes que vous citez.

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  • luc 18 juillet 2011 à 13:00

    @cmv

    donc c’est bhl/minc......qui estiment si un sujet est porteur de rentrees ou pas ?
    est ce la raison du peu de visibilite mediatique de la flotille pour Gaza ??
    ou du peu d’enthousasme du monde et de liberation pour une intervention en Syrie...
    Par contre en Libye pas de probleme.....

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  • Claude-Marie Vadrot 18 juillet 2011 à 13:21

    C’est encore plus compliqué que cela. Un journal (quel qu’il soit) n’est pas une mécanique fonctionnant en noir et blanc, donc les pressions, quand elles existent, quel que soit le media, sont beaucoup plus subtiles

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  • cp 18 juillet 2011 à 14:37

    …Consiste à lire un bréviaire, et à ânonner des prêches…

    (Jadis les dociles scribes rapportant les proclamations des experts de l’expertocratie en apnée nous annoncèrent, sur la foi des régurgitations d’insurpassables « modèles » informatiques, des centaines de milliers de morts à cause de la vache folle ! L’incubation se fait bien longue…)

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  • Anastasia 18 juillet 2011 à 21:25

    Les pressions sont certainement subtiles, mais leurs résultats ne le sont pas...

    Participant le 18 avril 2011 à un colloque international à Moscou, la nouvelle représentante de l’OSCE pour la liberté de la presse, la bosniaque Dunja Mijatović, a exprimé son inquiétude devant les pressions croissantes exercées contre les journalistes dans certains pays européens.

    Selon Mme Mijatović, trois pays européens doivent être particulièrement surveillés : la Hongrie avec sa nouvelle loi sur la presse de Viktor Orban, l’Italie avec l’appropriation de nombreux médias par le président du Conseil Silvio Berlusconi, et la France avec la main-mise sur les médias du président Nicolas Sarkozy et de ses amis.

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