Refuge précaire après la terreur

Pour les Tchétchènes fuyant un pays toujours en proie au chaos, la route vers l’asile est semée d’embûches, comme en témoigne l’itinéraire de cette famille arrivée en France.

Jean-Baptiste Mechernane  • 30 août 2007 abonné·es
Refuge précaire après la terreur
© Cafda : , Cada :

Le rire des enfants résonne dans la cour de l'immeuble. « Si tu parles de nous, on aura un appartement~?~» , demande la plus jeune, âgée de 7 ans, tout en sautant à la corde. Sa famille, originaire de Tchétchénie, a obtenu presque miraculeusement, il y a un an, le statut de réfugié au titre de la Convention de Genève de 1951, mais ses conditions de vie restent extrêmement difficiles. Pour espérer avoir un toit, les B. doivent compter pour l'heure sur la solidarité d' « amis français » qui leur prêtent une chambre de bonne au sixième étage sans ascenseur. Ils vivent à six dans ces 18 m2. Une douche, un coin cuisine, une relative tranquillité. Les services sociaux de la mairie leur ont bien proposé une solution, mais une liste d'hôtels sociaux de quinze pages n'a pas suffi. Dans ces établissements, on leur propose au mieux deux chambres de 9 m2 pour se loger tous. Il y a un cabinet de toilette et une douche pour tout l'hôtel, de l'eau chaude entre 17 et 21 heures, pas de cuisine, et une demi-douzaine de nationalités avec qui

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