L’alcoolo-dépendance, une cause oubliée ?

Lieu de référence depuis cinquante ans, le service d’alcoologie
de l’hôpital de Saint-Cloud s’inquiète de son transfert à Sèvres,
où ses capacités d’accueil seront restreintes.

Xavier Frison  • 7 février 2008 abonné·es
L’alcoolo-dépendance, une cause oubliée ?
© Ursa, centre hospitalier de Saint-Cloud, 3, place Silly, 92211 Saint-Cloud. Permanence jeudi et samedi après-midi : 01 49 11 60 60, poste 67 12.

La voix est de celles qui ont copiné un certain temps avec la bouteille. Rocailleuse, crevassée. Mais elle porte haut encore, suffisamment pour dire les années de galère à cheminer avec l'alcool. Sans s'en apercevoir, jusqu'au jour où un proche, à force de persuasion, parvient à vous faire prendre conscience du problème. Commence alors le long chemin vers la guérison. Le parcours de Richard Quinquenet, 57 ans et quinze ans de passé embouteillé, ressemble à tant d'autres, doucement rongés par l'alcool, compagnon rassurant et pire ennemi de victimes qui dissimulent encore trop souvent leur dépendance. Ils seraient entre un et deux millions d'« alcoolo-dépendants » en France.

45 000 personnes meurent chaque année d’alcoolisme. DANIAU/AFP

À l'unité d'alcoologie de l'hôpital de Saint-Cloud, en banlieue parisienne, Richard le « rétabli » a pu lâcher le goulot et se reconstruire. Comme plus de 500 patients hospitalisés ici chaque année. Malgré le succès d'un service pionnier en place depuis cinquante ans, celui-ci est

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