Marina Petrella doit vivre libre !
Réfugiée italienne, Marina Petrella est sous la menace d’une extradition dont le décret a été signé le 9 juin. Depuis quinze ans, cette mère de deux enfants a refait sa vie en France.
dans l’hebdo N° 1007 Acheter ce numéro

Qui donc mon extradition viendrait-elle punir ?» C’est en ces termes que Marina Petrella questionnait, dans une lettre écrite il y a quelques mois de la prison de Fresnes, où elle est incarcérée depuis le 25~août 2007, le sens de la menace qui pèse sur elle. Le Premier ministre, François Fillon, s’est-il même posé la question quand, le 9~juin, il a signé le décret d’extradition à l’encontre de la réfugiée italienne, ex-brigadiste, répondant ainsi favorablement à une ancienne demande formulée par l’Italie, en 1994~?
Manifestation de soutien à Marina Petrella, actuellement emprisonnée à Fresnes, le 11 juin 2008. Coex/AFP
Peu probable. Le nom de Marina Petrella, après ceux de Paolo Persichetti et Cesare Battisti, n’est associé, par l’État français, qu’au mot «terroriste», qui, depuis un certain 11~septembre 2001 et le climat sécuritaire qui a suivi, est devenu un mot épouvantail, distribué sans retenue excessive. En outre, il n’aura échappé à personne que la France a signé le décret d’extradition de Marina Petrella à quelques jours seulement du début de sa présidence européenne. Tout un symbole…
Alors, reprenons la question : qui donc serait puni ? Autrement dit : quelle femme est aujourd’hui Marina Petrella ? Et quel parcours d’existence serait ainsi brisé, nié, si elle devait être renvoyée en Italie, où elle serait immédiatement conduite en prison ?
En 1993, lors de son dernier procès en appel, quand Marina Petrella entend la sentence du tribunal -- condamnation à perpétuité pour ses activités au sein des Brigades rouges
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