L’indépendance, c’est tout un poème

Inquiets pour leur avenir, les éditeurs indépendants se mobilisent, à quelques semaines du salon annuel organisé par l’association l’Autre Livre. Et proposent leurs solutions dans un « Plan d’urgence ».

Xavier Frison  • 6 novembre 2008 abonné·es
L’indépendance,  c’est tout un poème

S'ils étaient encore de ce monde, on aurait sans doute aperçu Karl Marx, Romain Rolland ou Anatole France aux derniers États généraux de l’édition indépendante, organisés fin octobre par l’association l’Autre Livre, à Paris. Et peut-être se seraient-ils précipités, bras dessus bras dessous, au prochain Salon de l’édition indépendante [^2], lestés de livres rares. Car une partie de leur œuvre est désormais introuvable dans les catalogues des éditeurs. C’est l’une des conséquences de la mauvaise santé de l’édition indépendante, bousculée par un secteur où les grands groupes font la loi et un soutien très relatif des pouvoirs publics.

Ce constat inquiétant est porté sur la place publique par l’Autre Livre depuis les premiers États généraux du secteur, organisés en 2005. L’événement avait accouché de la publication d’un Livre blanc, dont les grandes lignes sont toujours d’actualité. L’association, qui compte une centaine d’adhérents, dont La Fabrique, les éditions du Sonneur et des dizaines de micro-éditeurs, tire un bilan plutôt sombre de ces trois dernières années : « Fondamentalement, les tendances observées en 2005 restent les mêmes, notamment la concentration du secteur » , observe Francis Combes, président de l’Autre Livre, auteur et éditeur (Le temps des cerises). Aujourd’hui, cependant, la concentration ne touche plus seulement les maisons

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