Comment l’Etat rackette les sans-papiers

Les travailleurs sans papiers paient impôts et cotisations sociales sans jamais bénéficier
d’aucune prestation. Un système hypocrite qui rapporte chaque année près de deux milliards d’euros à l’État.

Xavier Frison  • 22 janvier 2009 abonné·es
Comment l’Etat rackette les sans-papiers

C’est une révélation pour beaucoup, la triste normalité pour eux : la grande majorité des 400000 sans-papiers de France paient impôts et cotisations sociales, comme n’importe quel salarié français. Mais les premiers n’auront jamais droit à la moindre cotisation chômage, à la retraite, au logement social ou à une couverture santé garantie. Comment ces travailleurs illégaux peuvent-ils apparaître dans le circuit très officiel de l’imposition ? En présentant tout simplement de fausses cartes de séjour ou celle d’un tiers au moment de postuler à un emploi. Inutile de crier au scandale : les employeurs de ces secteurs en mal de bras, BTP, restauration ou nettoyage, sont au courant de la supercherie. Les Bouygues, Sodexo ou Accor embauchent cette main-d’œuvre malléable, docile et soumise, en toute connaissance de cause. L’État n’est pas le moins hypocrite dans cette pièce ubuesque. Tout heureux d’encaisser près de deux milliards d’euros par an d’impôts et de cotisations, selon l’estimation « basse » des associations de défense des travailleurs sans papiers, satisfait de voir des

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Temps de lecture : 5 minutes