Susceptibles, avec ça !

Les cas de délit d’outrage explosent ces dernières années. Un collectif dénonce les procédures abusives et demande la dépénalisation de ces incidents.

Xavier Frison  • 19 mars 2009 abonné·es
Susceptibles, avec ça !

Attention : un geste mal interprété, un regard trop appuyé, une curiosité mal placée, tout cela peut vous valoir un délit d’outrage caractérisé en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. « On est passés de 17 700 outrages en 1996 à 31 731 en 2007 » , rappelle Jean-Jacques Reboux, fondateur du Collectif pour une dépénalisation du délit d’outrage (Codedo). Une explosion imputée à l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur en 2002, « avec sa politique de résultat imposée aux forces de l’ordre ». S’il touche d’abord les jeunes des quartiers dans le schéma trop connu du contrôle d’identité répété auquel répondent les insultes, le délit d’outrage menace ­désormais tous les profils, dans toutes sortes de situations. Ces affaires, où la victime prétendue est aussi le seul juge, touchent en effet aujourd’hui des « gens de tout milieu social et de tout âge qui ont la malchance de se retrouver en face

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