Mohamed Chrif Tribak : « “Le Temps des camarades” témoigne du combat des étudiants marocains au cours des années de plomb »
Avec le Temps des camarades, son premier long métrage de fiction, Mohamed Chrif Tribak était en compétition au festival international du cinéma méditéranéen de Tétouan, qui s’est déroulé du 28 mars au 4 avril. Christophe Kantcheff, dont le reportage sur le festival paraît dans Politis et sur ce site le 16 avril, a rencontré le jeune cinéaste marocain quelques heures avant l’annonce du palmarès où il s’est vu attribuer le prix du public.

Quand vous vous présentez, vous dites que vous êtes issu du réseau des cinés-clubs marocains. Qu’est-ce que cela signifie ?
Mohamed Chrif Tribak : Quand j’étais étudiant, au début des années 1990, les ciné-clubs offraient la possibilité de poursuivre ailleurs ce qui se passait dans les enceintes de l’université. C’était le seul endroit de liberté en dehors des facs. Généralement on ne discutait pas beaucoup des films. Les projections étaient plus un prétexte pour parler politique. Cela n’empêche qu’on voyait des grands films du cinéma d’Europe de l’Est, des films chinois, français, américains (de gauche), italiens… C’étaient globalement des films qui allaient dans la même direction idéologique. Et c’est là que j’ai découvert que le cinéma n’est pas simplement un spectacle ou un divertissement.
Dans votre formation, vous avez fait aussi un passage par la Fémis à Paris… Au Maroc, j’ai d’abord réalisé un premier court-métrage autoproduit, en 1998. J’avais 27 ans. C’est ainsi qu’on m’a proposé de faire un stage à la Fémis d’une durée de 2
