« Le fait religieux est un fait d’histoire »
Selon Odon Vallet, les crispations identitaires regagnent du terrain alors que le principe de diversité suppose d’admettre un pluralisme de croyances et de non-croyances. Entretien.
dans l’hebdo N° 1082-1083 Acheter ce numéro
Politis : Noël relève-t-il du profane ou du sacré dans notre société ?
Odon Vallet : Noël est une fête païenne christianisée. Noël est un jour férié dans de nombreux pays non chrétiens. L’assistance aux messes de Noël demeure très importante, certains n’allant à l’église que ce jour-là. Difficile de séparer le chrétien du païen dans cette fête qui est aussi une fête du partage, avec des actions caritatives en direction des SDF ou des familles nécessiteuses.
Après un déclin dans les années 1950, on observe un retour du religieux depuis les années 1990. Comment l’expliquez-vous ?
En France, la pratique religieuse a beaucoup diminué chez les catholiques et les protestants luthériens. Les protestants évangélistes connaissent une pratique forte. La pratique a augmenté dans le judaïsme et l’islam. Ce sont les fêtes juives et musulmanes qui montrent un retour du religieux. Le déclin des idéologies athées, notamment marxistes, peut avoir un lien avec un certain retour du religieux. L’islamisme militant a du succès chez les damnés de la terre que sont les peuples pauvres, notamment dans certains pays musulmans. La faillite actuelle du capitalisme financier va-t-elle induire un retour du religieux en terre chrétienne ? Il est trop tôt pour être affirmatif. Mais,
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