Les cadres sortent de leurs gonds
Des dirigeants qui s’opposent aux actionnaires, des responsables qui refusent de faire allégeance à leur boîte… Une équipe de chercheurs s’intéresse aux rébellions des salariés occupant des postes à responsabilité.
dans l’hebdo N° 1085 Acheter ce numéro

Emilio est ce qu’on appelle un « cadre dirigeant ». Pas vraiment le genre à défiler entre République et Bastille dans l’ambiance banderole-hygiaphone-tracts-saucisses-frites. Il a pourtant décidé, en cheville avec le patron de sa société, de s’opposer à ses actionnaires, avides de diminuer le budget de fonctionnement de la société et de licencier à tour de bras. « Avec le PDG, nous avons fait un pacte pour ne pas licencier, en sachant très bien qu’on prenait des risques, afin d’essayer de sauver une partie de la structure et des effectifs pour quelques mois encore, en espérant une évolution économique favorable, explique Emilio. Pour mes amis, dans d’autres entreprises, c’est exactement la même situation. »
Voilà le type de témoignages dont sont friands [^2] les membres du centre de recherche lyonnais Organisations, carrières et nouvelles élites (OCE),
